Les affaires du Vatican

Publié le par Yves-André Samère

Le Vatican devenu riche comme je l’ai raconté hier, et l’accumulation de telles richesses ayant démodé les méthodes aléatoires du passé, le pape a dû créer une « préfecture », c’est-à-dire un ministère, s’occupant spécialement des affaires économiques. Ses cadres étaient étrangers au Vatican, ils venaient des États-Unis, de France, d’Allemagne, donc des pays développés, et elle opérait surtout hors d’italie, puisque les investissements étaient mondialement répartis. On l’imagine mal, mais les Rothschild, qui sont une famille juive, et qui avaient d’ailleurs prêté de l’argent à l’Église à partir de 1831, ont réalisé de nombreuses opérations financières en son nom.

Or ces diverses opérations, faites au nom d’un État indépendant et donc non contrôlable, ont parfois fonctionné à la limite de la légalité... et de la morale chrétienne ! Vous l’ignorez sans doute, car on ne fait pas beaucoup de publicité à des informations aussi impies, mais il existe, tout près du Vatican, une pharmacie tenue par des religieux, les « frères hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu », surnommée « la pharmacie des miracles » par ses fidèles clients, et qui vend, entre autres, des aphrodisiaques, des remèdes contre l’impuissance (pourtant interdits en Italie) et, je cite et accrochez-vous, des « accélérateurs de vitesse pour spermatozoïdes ». Les prix y sont de 10 à 20 % moins cher qu’ailleurs.

Autre détail peu connu : au début des années trente, Bernardino Nogara, un banquier italien (pas le jockey qui porte aussi ce nom !), l’un de ceux qui furent donc chargés de la gestion de la toute nouvelle fortune de l’Église (les cent millions de dollars versés à titre de compensation par le gouvernement de Mussolini lors de la signature des accords de Latran en 1929, dont je vous ai parlé hier), ce Nogara, qui officia entre 1929 et 1954, acquit alors pour le compte du Vatican la majorité des actions de l’Istituto Farmacologico Serono di Roma, premier producteur italien de… produits contraceptifs. Le Vatican n’en ignorait rien, puisque le cardinal Eugenio Pacelli, sitôt élu pape en 1939 sous le nom de Pie XII, nomma son propre neveu, Giulio Pacelli, président du Conseil d’Administration de l’Istituto en question. Ainsi, l’Église catholique interdisait les contraceptifs, tout en gagnant de l’argent sur leur fabrication.

Autre détail cocasse : la masturbation, on le sait, fut un « péché » jusqu’à l’instauration du nouveau catéchisme, à la fin du vingtième siècle ; mais, d’autre part, on avait besoin de sperme pour certaines analyses médicales et pour les fécondations in vitro (autorisées par l’Église). Dilemme : comment recueillir pieusement le précieux liquide ? Solution : au moyen d’un « vibrateur », que proposa la très sérieuse Rivista di bioetica de l’Université Catholique du Sacré-Cœur, à Rome.

Que ta main droite ignore ce que fait la gauche, mon fils…

(À suivre, évidemment. Et ne vous échinez pas à vérifier tout cela sur Internet, il n’existe rien en français. En revanche, en italien et en anglais, vous avez des chances)

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