Les anniversaires du 13 mai

Publié le par Yves-André Samère

Que d’anniversaires aujourd’hui ! Commençons par le plus important : il y a deux cent cinquante ans, le summum de la gastronomie a été inventé, puisque le sandwich est né le 13 mai 1762, à ce qu’on dit. La cuisine anglaise n’a jamais fait mieux, comme on sait.

Et puis, mais personne n’en a soufflé mot dans les médias donc je prends l’initiative de le rappeler, c’est le 13 mai 1981 qu’un Turc maboul a tenté de flinguer Jean-Paul II au meilleur endroit possible, à savoir sur la place Saint-Pierre, au Vatican. Pour un peu, le pape retrouvait illico son Créateur. Il s’en est fallu de peu, convenez. On dit que le meurtrier avait eu l’intention de tuer madame Thatcher, mais qu’il y a renoncé parce qu’il ne « tuait pas les femmes ». Lui a-t-on dit que Maggie n’avait pas grand-chose en féminin en elle ?

Il y eut également, le 13 mai 1958, ce coup d’État fomenté à Alger par les partisans de De Gaulle. Il s’agissait pour eux de semer assez de désordre pour que le bon peuple réclame le retour de l’homme au képi, et on doit avouer que la combine a merveilleusement fonctionné. Là encore, les médias n’ont pas soufflé mot de cet anniversaire, qui doit gêner pas mal de gens.

Enfin, on a fêté à Orléans – et aussi à Paris – la délivrance de cette première ville par la Pucelle. Rappelons à ceux qui n’auraient pas assisté à ce grand évènement que Jeanne et ses troupes ont « délivré » Orléans depuis l’intérieur de la cité, qui n’était nullement assiégée par conséquent – ou alors le mot siège n’a plus de sens. En fait, ces salauds d’Anglais campaient autour de la ville, d’où partaient trois ou quatre routes qui étaient totalement libres à la circulation. Si vous ne me croyez pas, lisez donc La Pucelle, d’Hubert Monteilhet. Rien à voir avec Stalingrad, par conséquent. Mais cet anniversaire à donné à Inter Bourdes (comprenez : France Inter) l’occasion de se planter une fois de plus dans son journal de 19 heures, ce qui nous manquait, et d’affirmer qu’on fêtait aujourd’hui l’anniversaire de la naissance de Jeanne d’Arc. Comme on l’avait déjà fêté le 6 janvier, et qu’il y a eu aussi les festivités du Front National le 1er mai, je constate qu’il y a toujours quelque chose à commémorer, de la vie de la Pucelle (qui jamais n’a été désignée comme « Jeanne d’Arc » de son vivant, et elle-même n’employant jamais ce patronyme au cours de son procès). Ce qui m’incite à écrire ceci : écoutez, les gars, puisque vous avez l’air de tant tenir à fêter l’anniversaire de Jeanne d’Arc le plus souvent possible, je suggère qu’on applique à sa personne l’invention de Lewis Carroll dans Alice au Pays des Merveilles, et qu’on fête tous les jours son non-anniversaire. Vous pourrez ainsi vous réjouir 364 fois par an.

Pas belle, la vie ?

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