« Les Beatles à l’assaut du Kremlin »

Publié le par Yves-André Samère

Dimanche, dans l’après-midi et la soirée, Arte a consacré une partie de ses programmes aux Beatles. J’ai regardé ou enregistré l’ensemble, abandonnant néanmoins la vision d’un concert de John Lennon (et de Yoko Ono !), car je ne possède aucun goût pour la corvée qui consiste à regarder des gens qui chantent, sur des images hideuses.

Le programme débutait avec un curieux documentaire de 58 minutes, diffusé pour la première fois au Royaume-Uni le 6 septembre 2009, Les Beatles à l’assaut du Kremlin (sic !), en anglais How the Beatles rocked the Kremlin, œuvre du documentariste britannique Leslie Woodhead, mais qui reposait essentiellement sur les élucubrations d’un Russe du genre allumé, Yury Pelyushonok, expert autoproclamé ès-Beatles, lequel exposait, en long, en large et en travers, sa théorie fumeuse : que le communisme s’est effondré à cause des quatre garçons dans le vent ! Damned ! Ce n'était donc pas Jean-Paul II ?

Assez rigolé. Ladite influence des Beatles s’est vraiment exercée à très longue distance, dans l’espace comme dans le temps, puisque le seul concert d’UN SEUL des Beatles, Paul McCartney, n’a eu lieu à Moscou qu’en... décembre 2011 ! En réalité, le communisme s’est effondré de lui-même, lorsqu’un dirigeant soviétique un peu plus futé (ou, de toute évidence, un peu moins gâteux) que ses prédécesseurs, Mikhail Gorbatchev, a pris conscience et surtout réussi à faire admettre à ses collègues du Soviet Suprême que le régime avait échoué sur quasiment tous les plans, à commencer par l’économique et le politique, en piétinant au passage la philosophie sur laquelle il prétendait se fonder, le gouvernement du peuple par lui-même. Il est tout à fait certain que si Karl Marx, qui était un philosophe et pas un homme politique – et n’a jamais fichu les pieds en Russie –, avait eu connaissance de ce que Lénine, Staline et consorts avaient fait de ses théories, il leur aurait fait bouffer Le capital ! Bref, pour tirer du marasme l’empire soviétique, il ne restait plus qu’une solution : faire le contraire de tout ce qui avait été fait.

Les Beatles, eux, étaient certainement des passionnés de la liberté. Mais enfin, ils se sont surtout contentés de la chanter. Ce qui ne mange pas de pain.

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