Les bons et les méchants

Publié le par Yves-André Samère

« Le Canard enchaîné » a la méthode pour faire comprendre à ses lecteurs qui sont les bons et qui sont les mauvais : il suffit de bien choisir son vocabulaire. Les mauvais sont toujours les policiers, les militaires, les CRS, les curés et les politiciens de droite. Et je me souviens d’avoir naguère rapporté sa manière de traiter un fait divers dans lequel un CRS avait blessé (ou abattu, je ne sais plus) un manifestant. Le journal avait écrit que la victime du CRS était « un jeune ». Renseignement pris, il s’est avéré que le CRS... était plus jeune que le manifestant ! Mais « Le Canard » avait montré vers qui devait aller les sympathies des lecteurs.

Cette semaine, en sa page 8, dans l’article Trop rebelle pour toi, « Le Canard enchaîné » rend compte, toujours à sa façon, d’une polémique dans le petit monde littéraire, et qui oppose les adversaires de Marcel Gauchet, directeur de la revue « Le débat », à quelques écrivains et cinéastes, qui contestent sa désignation « pour prononcer la leçon inaugurale » du prochain Rendez-vous de l’Histoire, le 19 octobre prochain à Blois. Comme le thème sera « Les rebelles » et qu’ils considèrent Gauchet comme un affreux mandarin, réac et pas rebelle du tout, « Le Canard » écrit qu’ils ont lancé « un appel à boycotter », dans une « tribune [qu’ils ont] signée » – geste présenté, donc, comme modéré.

Oui, mais voilà, le futur boycotté a aussi ses partisans, très connus également, mais présentés dans l’article comme des fous furieux. Et c’est Jean-François Kahn qui « postillonne », ou Élisabeth Lévy qui « éructe ». Ce dernier verbe, d’ailleurs, est systématiquement employé pour qualifier toute déclaration de Jean-Marie Le Pen, puisque un facho ne saurait parler normalement.

Qui veut noyer son chien...

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Oui. Pendant la guerre d’Algérie, les chefs militaires français étudiaient les écrits des grands pontes communistes, Mao, Ho-Chi-Minh, Giap, parce qu’ils savaient que, pour combattre cet ennemi-là,
il fallait avant tout savoir comment il pensait. Pas bête...
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D
J'ai entendu dire que "l'on ne combat bien que ce que l'on connaît". Donc, au contraire, faudrait assister au discours de Gauchet pour pouvoir le contredire, non ?
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