Les dessinateurs du « Canard »

Publié le par Yves-André Samère

« Le Canard » compte plusieurs dessinateurs au sein de sa rédaction, et cela, depuis ses débuts en 1915. Mais ils ne sont pas tous du même niveau.

Les meilleurs ont disparu depuis longtemps. Moisan était si bon qu’on lui accordait une grande place, et que ses dessins décoraient l’ancien siège du journal, au 2 rue des Petits-Pères, mais il n’a pas pu faire de fresques sur le nouveau siège, au 173 rue Saint-Honoré : on y voit d’autres dessins, qui ne sont pas de lui. Moisan était le spécialiste de De Gaulle, et il faut reconnaître que le Général se marrait bien en admirant ses caricatures, notamment celle qui avait suivi son discours de reprise en main du pays, en juin 1968 : on le voyait en coureur cycliste, menacé par la voiture-balai du Tour de France, et la légende disait « Incroyable, la voiture-balai, ça le dope ! ».

Autre dessinateur génial dans sa simplicité, William-Napoléon Grove. Si-si ! C’était bien son nom, et il était anglais. Caricaturer De Gaulle, c’était griffonner son nez et ses deux oreilles, et cela suffisait. Moisan et Grove sont morts il y a belle lurette.

Plus tard, il y eut Vasquez de Sola. Réfugié espagnol qui avait fui le franquisme, il faisait des caricatures remarquables, mais très loin du réalisme. Malheureusement pour le journal, il n’est pas resté très longtemps.

De ceux qui demeurent aujourd’hui, je préfère Cardon. Lui, les hommes politiques, il les représente de dos, toujours, et... on les reconnaît. Ses décors, tout de lignes fuyantes, sont stylisés à l’extrême, et ses légendes font mouche comme rarement.

Le moins bon, c’est Cabu. Lui est là depuis des décennies, et semble doué pour le dessin, mais, à mieux y regarder, son graphisme est plat, et surtout, ses textes sont nullissimes, car il ne se documente pas. Voyons sa caricature parue hier : un garçon a reçu en cadeau deux tablettes, une Apple et une Samsung, et compte les revendre. Or Cabu a dessiné, non pas des tablettes, mais des ordinateurs portables, avec un clavier. Prévenez-moi dès qu’Apple et Samsung sortiront une tablette avec clavier, je les revendrai à des collectionneurs d’objets rares... En fait, Cabu est à la fois un « beauf » (il a créé ce personnage) et un notable, qui travaille pour la Mairie de Paris depuis l’élection de Delanoë, et la mairie a été jusqu’à organiser une exposition de ses dessins. Devenu riche, il était le deuxième actionnaire de « Charlie-Hebdo », juste après Philippe Val, qui est sorti du capital après sa nomination à France Inter. Mais Cabu est intouchable, parce que, il y a fort longtemps, l’épouse du président de la République lui avait fait un procès pour son album de bandes dessinées Les aventures de madame Pompidou. Les hurlements de la gauche d’alors ne sont pas tombés dans l’oubli.

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