Les grippe-sous sont au « Point »

Publié le par Yves-André Samère

Un grand bravo à l’hebdomadaire « Le Point », qui fait sa couverture de cette semaine avec ce beau slogan : « Comment gagner un milliard (sans se fatiguer) », sur une photo de François-Marie Banier qui ressemble à Juppé, avec madame Liliane Bettencourt en médaillon. En somme, une resucée, pour ne pas dire un radotage, sur la plainte en justice que la fille de Liliane, Françoise Bettencourt Meyers, a déposé contre sa mère, estimant que celle-ci a été trop généreuse envers un ami et a un peu trop raboté l’héritage qu’elle espère dans un petit nombre d’années, madame Bettencourt ayant 86 ans.

Implicitement, cela revient à vouloir faire officialiser par un tribunal que la propriétaire de L’Oréal est gâteuse, qu’il urge par conséquent de la mettre sous tutelle, et pourquoi pas celle de sa fille ?

Tout cela est d’une élégance rare. À quelques détails près. D’abord, Liliane Bettencourt est la femme la plus riche de France, et même du monde, elle a hérité de son père un empire dans les cosmétiques, et si elle a été capable de conserver cette fortune tout en la faisant fructifier jusqu’à 23 milliards de dollars, elle ne doit pas être si débile que cela. De plus, le bénéficiaire de ses largesses, le photographe-écrivain (et jadis acteur pour Arielle Dombasle, Robert Bresson, Olivier Assayas, et trois fois pour Rohmer) François-Marie Banier, était aussi très apprécié du défunt mari de madame Bettencourt, André, mort en 2007. Il se trouve encore que les contrats d’assurance-vie souscrits au bénéfice de Banier sont on ne peut plus légaux, puisque enregistrés devant notaire en bonne et due forme.

Tous comptes faits, les employés des entreprises de madame Bettencourt semblent plus en sécurité avec cette patronne. Et tant que celle-ci ne tente pas de tourner la loi qui prescrit de partager son héritage équitablement envers tous ses héritiers – une seule en l’occurrence, qui devrait donc recevoir au moins la moitié de la fortune de sa mère –, la position juridique de madame Bettencourt est inattaquable.

Cela étant, s’il lui prend l’envie de dilapider un peu de menue monnaie, histoire de faire bisquer sa fille, je trouve cela non seulement humain, mais recommandable. À sa place, je m’amuserais à me ruiner volontairement pour ne laisser que des dettes !

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