Les Juifs ont-ils « tué Jésus » ?

Publié le par Yves-André Samère

Il m’est arrivé de mentionner que l’auteur de l’Évangile de Jean ne pouvait pas être l’apôtre Jean, réputé pour avoir été le plus jeune de ceux qui suivirent Jésus. J’avais expliqué que l’apôtre Jean était un jeune homme illettré, incapable de rédiger un texte aussi littéraire (réputé écrit à Éphèse, et non pas en Palestine, mais c’est une autre histoire). Or il existe une autre raison, qui se résume en ceci : l’Évangile de Jean est un texte foncièrement antijuif, alors que l’apôtre était juif, comme Jésus et les autres disciples.

Tout au long de l’Évangile de Jean revient sans arrêt l’expression « les Juifs ». Les trois autres évangélistes, Mathieu, Luc et Marc, emploient cette expression chacun cinq ou six fois, Jean le fait... soixante-sept fois. Une véritable obsession ! Mais c’est surtout le récit qu’il fait du procès de Jésus devant Pilate qui recèle la phrase-clé. Repassons le film au ralenti.

Donc, Jésus arrive à Jérusalem, précédé de sa réputation de faiseur de miracles. Il est très populaire, et le peuple (juif) l’acclame. Mais Jésus, qui est une sorte de Mélenchon avant la lettre, fait du tapage au Temple parce qu’on y fait du commerce, et s’aliène les prêtres (juifs), dont il dérange les affaires. Ceux-ci décident de se débarrasser de lui, en le dénonçant aux Romains, qui ont colonisé la Palestine et sont les seuls à détenir les pouvoirs, judiciaire, administratif et militaire. Ils le traduisent par conséquent devant le super-préfet romain, Ponce Pilate, et, dans les débats qui suivent, on relève la phrase « Il mérite la mort ! ».

Pilate ne trouve rien à reprocher à Jésus. Qu’il ait fait du tapage à l’intérieur du Temple ne le concerne en rien, il n’y a pas eu trouble sur la voie publique. Par ailleurs, Jésus a évité de tomber dans le piège lorsqu’on lui a demandé s’il fallait que le peuple paye l’impôt à César, et, en substance, il a répondu que oui : « Rendez à César ce qui est à César ». Difficile de le considérer comme un ennemi des Romains, un individu dangereux à éliminer. Pilate a ainsi l’intention de relaxer l’accusé.

Mais les prêtres (le Sanhédrin, comme on nomme leur assemblée), habitués aux palabres, harcèlent Pilate, qui finit par céder et accepte de sacrifier Jésus pour avoir la paix. Après tout, Jésus, ce n’est pas un personnage important. Et Jean l’évangéliste écrit la phrase-clé dont je parlais plus haut : « Il le leur livra ».

Examinons cette phrase et ce qu’elle implique : « Il [Pilate] le [Jésus] leur [aux prêtres juifs] livra ». Aucune ambigüité, Pilate livre Jésus aux représentants du peuple juif.

Eh bien, c’est un pur mensonge de l’évangéliste. Jésus n’a pas été livré aux prêtres du Temple de Jérusalem, il a été remis aux soldats romains, qui l’ont crucifié dans l’heure. Seuls les Romains pouvaient condamner quelqu’un à mort en Palestine occupée, seuls les Romains pouvaient exécuter un condamné. Aucun juif, prêtre ou pas, n’avait ce droit.

Cette petite phrase, que d’ailleurs les autorités vaticanes – qui ont sélectionné parmi des dizaines les seuls quatre évangiles qu’on a conservés – auraient pu ne pas retenir (en refusant de valider l’Évangile de Jean), a fait que, durant les deux millénaires qui ont suivi, les Juifs ont eu à subir toutes les persécutions que vous savez. Elle avait fait d’eux « Ceux qui ont tué Jésus » ! Sans doute le plus énorme mensonge de l’Histoire.

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Y
Très marrant, ce blog. Mais aucun rapport avec le sujet que je traitais !

(NB : j’adore les Québécois. Dommage, je déteste le froid)
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C
Mon Blog(fermaton.over-blog.com),No-11, THÉOREME DE PILATE. - LA VÉRITÉ C'EST QUOI ???
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