Les privilégiés d’EDF

Publié le par Yves-André Samère

Un de mes oncles, mort aujourd’hui, travaillait à l’EDF, et nous l’avons toujours envié. Vous savez peut-être qu’après la guerre de 39-45, on a organisé sur le plan légal le monde du travail et des entreprises – donc aussi EDF-GDF –, et que les nouvelles lois prévoyaient que toute boîte comptant plus de quarante-neuf employés devait obligatoirement créer un comité d’entreprise chargé, en gros, de veiller au bien-être des employés, et piloté par le syndicat le mieux représenté dans la maison. Naturellement, le patron devait subventionner le comité d’entreprise, donc… le syndicat !

Cette subvention devait être calculée selon un certain pourcentage de la masse salariale. Autrement dit, plus les salaires versés représentaient un montant important, plus le comité d’entreprise recevait une subvention élevée.

Or le pétit génie que l’on chargea de rédiger les textes concernant l’EDF… se trompa dans sa rédaction ! Volontairement ou non, jamais on ne l’a su. Au lieu de mentionner ce détail d’une subvention « proportionnelle à la masse salariale », il écrivit qu’elle serait « proportionnelle au chiffre d’affaires ». Ce qui, en pratique, équivalait à dire que le montant versé au syndicat majoritaire serait calculé sur le montant des factures que l’EDF fait payer à tous les citoyens français. Réfléchissez une minute : la différence est énorme !

Il s’est trouvé que le syndicat majoritaire, chez EDF, est la CGT, syndicat communiste. Et du coup, le Parti Communiste héritait d’une fabuleuse caisse noire, qu’il a été impossible de lui retirer. Conséquemment, les heureux travailleurs-travailleuses de l’EDF bénéficiaient d’œuvres sociales qui en faisaient de véritables nababs. Chez nous, on enviait beaucoup les vacances de mon oncle René, tous frais payés par son patron !

(Au fait, vous ne le savez peut-être pas, mais les agents, actifs ou retraités, de l’EDF et de GDF, qui ont longtemps constitué la même maison, ne payent que 5 ou 10 % de ce que les autres citoyens acquittent lorsqu’ils règlent leurs factures de gaz et d’électricité. Encore un privilège que les directions d’EDF et de GDF – devenue GDF-Suez – auraient voulu faire sauter en février dernier, en amenant progressivement les factures de ses employés à… 20 % de ce que nous payons. Mais elles ont écopé, le 7 avril, d’une grève suivie à 60 %, or des électriciens qui ont la main sur le disjoncteur disposent d’une « capacité de nuire », comme disait François de Closets dans son livre Toujours plus !, bien supérieure à celle de n’importe qui. Si bien que le projet de réforme est tombé à l’eau)

Dans certaines cités ouvrières, on reconnaît facilement les maisons occupées par des employés d’EDF : ce sont celles où l’électricité reste allumée toute la nuit !

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y

Le régime d’EDF entraîne celui de GDF, qui entraîne celui des pétroliers. Et voilà comment, aujourd'hui, le prix du gaz dépend du prix du pétrole !


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D

Le régime des Mines a été aussi appliqué aux... pétroliers, quand le gaz de Lacq a commencé à être exploité. Résultat : médecine et médicaments gratuits, indemnité de jardinage ou jardinier gratuit
(!), gaz à tarif compétitif, logements à tarif réduit et C.E. bien garni. Très vite, les pétroliers se sont rendu compte du gouffre que ces avantages engendraient et ont créé des filiales où les
nouveaux embauchés ne bénéficiaient plus de cette manne.
Mon retraité de père, ancien mineur du pétrole si j'ose dire, conserve ces avantages.


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