Les prix Nobel

Publié le par Yves-André Samère

Les prix Nobel existent depuis 1901. En demandant que soit créée une fondation portant son nom (créée avec l’argent qu’il ne laissa pas à ses héritiers !), laquelle décernerait ces récompenses, Alfred Nobel, inventeur de la dynamite, optait pour la paix ou la diplomatie, la littérature, la chimie, la physiologie ou la médecine, et la physique.

Cependant, la diplomatie a été laissée de côté au profit de la paix ; de sorte que subsistent le prix de physique et celui de chimie, décernés tous deux par l’Académie royale des sciences de Suède ; le prix de physiologie ou de médecine, décerné par l’Institut Karolinska ; le prix de littérature, décerné par l’Académie suédoise ; et le prix de la paix, décerné par un comité nommé par le parlement norvégien.

Un ajout a été pratiqué en 1968, quand, avec l’accord de la fondation Nobel, la Banque de Suède a institué un prix en économie. En fait, il s’appelle « Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel » (ouf !), et n’est pas vraiment un des prix Nobel. Depuis 1968, il a été décidé de ne plus ajouter de nouvelle catégorie de prix.

On remarque un absent : pas de prix de mathématiques ! Cette carence est souvent expliquée par une histoire dont l’authenticité est plus que douteuse : l’épouse d’Alfred Nobel, Sophie Hess, l’aurait trompé avec un mathématicien, Gösta Mittag-Leffler ! Or, d’une part, Nobel n’a jamais été marié (Sophie n’était que sa maîtresse), et d’autre part les âges ne correspondent pas, puisque Alfred Nobel a quitté la Suède en 1865, alors que Mittag-Leffler était encore étudiant (mais peut-être que Sophie aimait les étudiants). En compensation de cette absence fut instaurée en 1936 la médaille Fields, et en 2003 le prix Abel, qui se rapproche davantage du prix Nobel.

Autres prix absents au temps de Nobel, outre celui des mathématiques : la géologie, la biologie (en particulier l’écologie et l’évolution) et l’astronomie. Cette absence a été compensée par le prix Crafoord, créé en 1980 par Holger Crafoord, inventeur du rein artificiel, et sa femme Anna-Greta Crafoord. Ce prix, décerné à partir de 1982, est attribué chaque année, comme les Nobels, mais chaque fois, on ne récompense qu’une seule des disciplines prévues, nommées ci-dessus. Enfin, le prix Vetlesen est un prix des sciences de la Terre et de l’Univers, attribué par la fondation Vetlesen, créée en 1959, et considéré comme l’équivalent du prix Nobel pour ces domaines de la recherche, au même titre que le prix Crafoord.

Il faut remarquer que, si les prix scientifiques ont une réelle valeur et récompensent des travaux authentiques, les prix Nobel de la paix et de littérature prêtent plutôt à la rigolade, surtout le premier, qui est décerné selon les opportunités politiques, et qu’on a donné à des personnages ayant peu œuvré pour la paix, c’est le moins qu’on puisse dire ! Si Gandhi fut royalement proposé cinq fois (!) mais jamais récompensé, citons parmi les lauréats Henry Kissinger, qui fut l’instigateur du coup d’État au Chili ayant coûté la vie au président élu Salvador Allende ; Sadate et Begin, récompensés pour avoir signé la paix entre Israël et l’Égypte – alors que le président des États-Unis Jimmy Carter fut le réel maître d’œuvre de la paix dans la région –, le premier ayant établi dans son pays un régime corrompu insensé qui dure encore, et le second ayant débuté comme terroriste ; Agnès Bojaxhiu, dite « mère Teresa », femme d’une sécheresse de cœur remarquable mais experte en communication, et qui passe pour une sainte alors qu’elle était un suppôt de l’extrême droite et qu’elle a bénéficié d’un million de dollars donné par un escroc condamné en justice ; Yasser Arafat, terroriste devenu chef de l’État palestinien ; Al Gore, ancien vice-président des États-Unis sous Clinton, devenu un redoutable homme d’affaires, et le GIEC ; et, dernière bouffonnerie en date, le prix Nobel de la paix à Barack Obama, président des États-Unis à peine élu et qui n’avait encore rien fait pour le mériter, hormis les discours de sa campagne électorale.

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