Les robots

Publié le par Yves-André Samère

Vous ne le trouvez pas comique, le spectacle des rues ? Partout, et de plus en plus, les trottoirs, voire les chaussées, sont envahis d’individus déambulant tels les zombies de Romero, les yeux fixés sur l’écran de leur téléphone... pardon : de leur smartphone. Au fait, smartphone, ça signifie « téléphone intelligent ». Mais, en l’occurrence, il n’y a que le téléphone qui est intelligent.

Vous avez déjà été attablé dans un restaurant ou à la terrasse d’un café, essayant de poursuivre une conversation intelligible avec un de ces cinglés du téléphone que vous aviez naguère pris pour un ami ? Sinon, croyez-moi, renoncez et entrez fissa au couvent, c’est le seul endroit où – peut-être – vous échapperez au sketch burlesque mais qui néanmoins rendrait enragé n’importe quel bipède doté d’une intelligence et d’une sensibilité normales : votre interlocuteur ne vous écoutant pas et agitant frénétiquement ses doigts sur un clavier d’ailleurs aussi virtuel que son cerveau, pour envoyer des messages qu’il estime plus importants que votre conversation, laquelle, du coup, ressemble de plus en plus à un parcours du combattant. Comment caser une idée, voire un simple potin, dans cet « échange » entre vous et ce robot plus proche du Sleeper de Woody Allen que de ceux de la série Real humans ?

Si, à ce qu’on me dit, vous pointez votre nez dans une salle de cours d’une faculté quelconque – ce que je n’ai jamais fait, Dieu merci, vu mon niveau d’études –, vous y verrez ce spectacle édifiant : une armée d’étudiants tapant sur le clavier de leur ordinateur portable, face à un professeur pas du tout certain qu’on l’écoute encore et qu’on prenne en note ce qu’il tente de leur enseigner : ne sont-ils pas plutôt en train de twitter ?

Jusqu’au Conseil des ministres et à l’Assemblée nationale, qui sont gagnés par la maladie, et l’évènement qui a fait scandale il y a un peu moins d’un an, lors de la campagne électorale pour les élections législatives, ça a été un tweet ! Même Benoît XVI s’est cru obligé de faire semblant...

Il y a soixante ans, le twist régnait ; aujourd’hui, c’est le tweet.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Yves-André Samère 29/04/2013 08:37

À propos, on soupçonne le défunt interprète de l’inspecteur Derrick d’avoir été un sympathisant nazi !

DOMINIQUE 28/04/2013 14:58

Je me souviens que dans le temps on interdisait aux enfants de se chuchoter à l'oreille des "secrets" devant les adultes : "pas de messe basse sans curé". C'est pour moi, pauvre rétrograde, une
vraie misère de voir tous ces gens rivés à leur téléphone au mépris de la plus élémentaire politesse.
Mais prenez la télévision : la génération de mes parents est fascinée par ça, au détriment de la radio, d'ailleurs. Et par exemple ma belle-mère, loin d'être une sotte, regarde les pires inepties
(je me suis enfuie quand l'heure de Derrick fut venue) quand elle est chez sa fille, qui est absente toute la journée. Chez nous, comme on n'allume pas la télévision, elle revient à ses premières
amours : elle lit.
On a l'impression qu'il y a une sorte de drogue abêtissante par génération.