Les urgences de l’Hôtel-Dieu

Publié le par Yves-André Samère

L’Hôtel-Dieu n’est ni un hôtel ni une église, c’est l’hôpital le plus central de Paris, puisqu’il est situé à quelques mètres du Point Zéro, l’endoit à partir duquel on mesure les distances des villes à la capitale, sur le parvis de Notre-Dame. Il a d’ailleurs déménagé plusieurs fois, puisqu’il se trouvait, à l’origine, installé sur la rive gauche, là où se trouve aujourd’hui un square abritant le plus vieil arbre de Paris.

Or il est question de le démolir, et les habitants du centre n’auront plus qu’à se payer quelques kilomètres pour trouver un hôpital public. On va commencer par les urgences, qui seront désaffectées. Elles ont bien subi une rénovation il y a quatre ou cinq ans, mais elles sont demeurées vétustes.

Or ce ne sera pas vraiment une grande perte. J’ai eu affaire aux urgences de l’Hôtel-Dieu avant leur dernière rénovation : une violente douleur dans le bras m’avait pris, au milieu de la nuit. Et, classiquement, cela tombait à la veille d’un samedi, à une période où les médecins sont introuvables : ils sont tous au golf. Je suis donc allé à pied jusqu’à l’Hôtel-Dieu, mais, bien que les urgences aient été désertes (un seul autre patient, à part moi), j’ai attendu deux heures avant d’être vu par un médecin. Deux heures !

On ne vous soigne pas, aux urgences de l’Hôtel-Dieu, on se contente de vous examiner et de vous renvoyer avec une ordonnance (on ne vous fait non plus aucune radio si vous n’êtes pas hospitalisé sur place ; Hôtel-Dieu et la Poste, même combat, on s’efforce de vous dégoûter pour vous faire souhaiter la disparition du service public). Pour comble, le traitement n’a eu aucune action, et j’ai dû me résoudre, dès le lundi, à me rendre à l’hôpital Cochin, où je connaissais un grand professeur en rhumatologie, le docteur Bernard Amor, un as du diagnostic et un rebelle aux ordonnances à rallonge, qui m’a reçu presque immédiatement. Le diagnostic de son confrère était faux ! Aucun traitement à suivre, c’était une affection du genre de celles qui passent avec le temps, comme cela s’est vérifié au bout de quelques jours.

Ah, la chronothérapie !

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :