Lettre prohibée

Publié le par Yves-André Samère

Nul ne l’ignore, le droit des marques est sacré, dans nos sociétés modernes. Pour être protégé contre le plagiat, il suffit de « déposer » n’importe quoi, ne serait-ce qu’un mot, et vous voilà devenu propriétaire de l’objet, de sorte que quiconque l’utiliserait sans votre autorisation s’exposerait à des poursuites. Et il n’a pas pu vous échapper que la célèbre Nabilla, dont le « Allô quoi ! » a été repris partout après son apparition à la télévision, a déposé cette expression, et qu’ainsi, vous n’êtes plus autorisé à le proférer si vous ne rétribuez pas convenablement l’auteur de ces paroles immortelles.

(Décidément, l’Institut National de la Propriété Intellectuelle, organisme français, a moins de bon sens que Wikipedia, qui a éjecté l’article sur la donzelle qu’un farceur avait mis en ligne sur ce site, pour manque flagrant d’intérêt. J’ai très bien connu un type qui se prenait pour un acteur alors qu’il n’avait été que figurant dans un seul film, et qui avait fait fabriquer une page à son nom : elle a rapidement disparu)

Il y a d’autres exemples aussi bêtes, mais une firme états-unienne a réussi à faire mieux, puisqu’elle revendique à présent la propriété, non d’un mot, mais d’une lettre de l’alphabet latin, le V. Cette firme se nomme Topps, et elle fabrique des cartes à jouer, activité évidemment d’utilité publique. Il semble que tout vienne d’un différend qui l’opposerait à la firme Panini. On voit comme tout cela se débat dans les plus hautes sphères.

Mais ce n’est pas la première fois, puisque le fabricant des voitures Audi cherche actuellement à s’approprier la lettre Q, et Apple, la voyelle « i ». Supposons un instant que vingt-six firmes réussissent à devenir propriétaires de, chacune, une lettre de l’alphabet. Pour nous exprimer par écrit, il ne nous restera donc RIEN. Même pas les quatre lettres que je viens d’employer pour nommer notre héritage scriptural.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
En somme, « se perdre entre Gaillac et Rabastens » signifie en gros qu’on n’est pas très dégourdi. Ce qui me rappelle une phrase que mes parents me répétaient souvent : « De
l’eau à la mer, tu n’en trouverais pas ! »
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D
Non, la D(à moi) 988 n'a rien de spécial.
"Rien" est le bon terme.Elle est droite, sans rien du tout pour se perdre. L'expression souligne une forte impossibilité d'aller tout droit d'un point à un autre.Quelle qu'en soit la raison.
Essayez donc, à jeun vous arriverez à bon port.
Egalement, sans cerveau,(ce qui n'est pas votre cas et qui est difficile à expérimenter), vous en goûterez tout le sel.
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Y
On se demande dans quelle classe Nabilla a déposé sa « marque ». La classe « papier hygiénique », peut-être ?
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Y
La D988 serait-elle mal famée ?

Néanmoins, je suis déjà allé me perdre à Fronton.
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D
Heureusement, le dépôt de marque est assujetti aux dépôts par "classe". Vous pouvez déposer la marque "petit lu" (que d'imagination) dans la classe "biscuits" "produits alimentaires" par exemple,
mais un fabriquant automobile pourra baptiser sa voiture "petit lu" si vous n'avez pas pris la précaution de déposer cette marque dans la classe "industrie automobile". Or, cela coûte très
cher.
Après, il y a la notion de "notoriété", "d'antériorié"... toutes sortes de nuances qui donnent lieu à des procès pour le moins alambiqués.
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D
ATTENTION, "D" est à moi! et "d" aussi.
Qu'on se le tienne pour ddddddit! Et oui, c'est à moi, j'en profite et j'en abuse si je veux.
Non, mais Allokoa!
Du côté de là où j'habite on dit "Tous es gens ont dû se perdre entre Gaillac et Rabastens!"
(Regardez sur la carte, vous verrez ce que cela veut dire.
Ca peut vouloir dire aussi qu'ils abusent un peu du Côte de Gaillac ou du Fronton. De l'autre côté de l'océan, ils ont aussi ce qu'il faut pour s'égarer).
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