Lettre urgente ? N’existe plus !

Publié le par Yves-André Samère

Il fut un temps où la Poste, tout comme la SNCF d’ailleurs, était une référence en matière d’efficacité, rapidité, ponctualité. C’est bien fini. Aujourd’hui, l’une et l’autre multiplient les rabotages des services offerts au public – quoique sans jamais omettre de prétendre que « C’est pour mieux [vous] servir ».

Incapable de délivrer, comme naguère, une lettre le lendemain du jour où elle avait été postée, ce qui semble relever à présent de la science-fiction, la Poste avait créé plusieurs tarifs pour les lettres. Il y en avait trois, allant de la lettre urgente, dite « rouge », à livrer le lendemain (on dit « J+1 » pour faire moderne) à la lettre qui peut traîner quelques jours, comme les prospectus publicitaires, dont nul ne regretterait qu’ils traînent encore plus longtemps, voire éternellement. En passant, sur option, par la « lettre verte », lancée en octobre 2011, et censée acheminée en deux jours.

Naturellement, on n’était pas surpris que même la lettre urgente n’arrivait quasiment JAMAIS le lendemain !... De sorte qu’on avait payé pour des prunes. Je me souviens avoir banqué au tarif fort pour envoyer à Lille, à un ami illustrateur, un dessin à utiliser urgeamment. Se rendre de Paris à Lille, en TGV, prend une heure, mais mon envoi avait mis... dix jours pour arriver à destination. De guerre lasse, les usagers qui n’ont pas l’esprit trop lent ont vite compris qu’il ne servait à rien de choisir ce tarif-là, et que la Poste les volait comme dans un bois.

Cet état de fait va être officialisé à la fin du mois, sous la forme d'un nouveau « contrat de service public ». On vient de faire savoir aux syndicats que sera institutionnalisé l’envoi des lettres à « J+2 », y compris pour les envois recommandés.

Les voilà positivement ravis, les syndicats, puisque cette généralisation du tarif demi-lent, disent-ils, « pourrait sans doute faire disparaître 15 000 emplois car, pour livrer le courrier en deux jours, il n’est plus nécessaire de faire travailler les brigades à toutes les heures du jour et de la nuit ». On le croit volontiers.

Pour l’instant, ce nouveau contrat du service public « ne fixe pas d’objectif précis de fermeture d’agences ». C’est donc un objectif imprécis. En fait, selon la CGT, un tiers des bureaux de poste ont disparu depuis 2004, et le réseau postal compte désormais moins de dix mille bureaux.

« C’est pour mieux vous servir », on vous dit.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :