Line Renaud sur Arte !

Publié le par Yves-André Samère

Vendredi soir, Line Renaud était sur Arte. Pas pour chanter Pam-Pou-Dey, non (c’est ma chanson préférée, elle est idiote à un point rare), mais pour un téléfilm de plus, puisque, selon toutes apparences, elle en tourne quelques centaines par an.

Eh bien, pour un début sur une chaîne culturelle, désolé, chère Line, c’était raté. Oui, tu nous as fait de la peine, ici, Line. Ce machin s’intitulait La douce empoisonneuse, et, en effet, je me suis doucement empoisonné en le regardant. C’était l’histoire d’une octogénaire, veuve d’un officier, qui vivait d’une petite pension mais dans une immense maison somptueusement meublée (toujours le réalisme bien français), et que son neveu par alliance venait régulièrement soulager de son argent superflu, dont il ne lui laissait rien, parce que, « À ton âge, on sait vivre de pas grand-chose ». Je confirme, ma tante Liliane, c’est pareil. Ledit neveu se pointait donc chez elle, ayant abandonné en chemin la voiture tombée en panne qu’il avait volée, en compagnie de deux copains aussi patibulaires que lui. Je passe les détails, la dame se résolvait à empoisonner tous ces casse-pieds, histoire de faire comme dans Arsenic et vieilles dentelles, mais elle-même finissait, expédiée ad patres par le même poison à la dernière scène, car il faut bien que la fin soit morale.

On a connu Line Renaud choisissant mieux ses scénarios et sa façon de les jouer. Là, elle semblait hésiter entre la pauvre femme affolée qui fait pitié et ne sait à quel saint se vouer, jusqu’à songer au suicide, et la lointaine descendante de la marquise de Brinvilliers, autre empoisonneuse qui a laissé un nom dans l’Histoire. Bref, l’entreprise était bancale, et j’ai un peu dormi devant ce machin.

Je n’aurais pas parlé d’un spectacle aussi insignifiant si, dans la semaine précédant la diffusion, Line ne s’était répandue dans tous les médias, expliquant notamment qu’on n’avait fait aucun mal aux animaux censés mourir durant le récit (eh oui, fallait bien essayer le poison) : deux chats et trois pigeons. On les avait anesthésiés, paraît-il. Moi, je veux bien, mais le porcelet que les trois voyous avaient volé, et qu’on voit ensuite, proprement dépecé, et rôtir à la broche sur un feu de bois, il était aussi anesthésié ?

Les sempiternels avertissements de fin de générique, sur le mode « Aucun animal n’a été maltraité durant le tournage », qu’on nous inflige chaque fois que le scénario comporte un animal, commencent à me taper sur les nerfs. Mais ils n’ont cours qu’aux États-Unis, et bien sûr en France, où l’on imite fidèlement tout ce que font ceux qui nous ont libérés.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Hé oui, bien sûr. Sans compter ce qui ne trompe pas sur le côté anglais : les chapeaux à fleurs de ces dames. A part eux, personne ne peut imaginer de tels chapeaux.
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Y
Je l’ai vu. D’ailleurs, il repasse en ce moment au Champo. Pas impossible que je le revois. C’était beaucoup plus subtil et spirituel. Mais c’est anglais, n’est-ce pas ?
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D
Dans ce registre, il y a aussi "the ladykillers" (tueurs de dames en français) avec Alec Guinness et la délicieuse Katie Johnson (87 ans lors du tournage !). Une bande de malfrats veut tuer la<br /> vieille dame, témoin de leur projet de holp up. Là, la vieille dame, qui les prend pour des gamins dissipés, s'en sort indemne. Tous les malfrats meurent. Elle ne les empoisonne pas, mais enchaîne<br /> les difficultés qui les font se louper tragiquement. Peut-être a-t-elle l'innocence des âmes sans malice ?<br /> C'est un vrai régal.
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