Ma conversion

Publié le par Yves-André Samère

Je vais me mettre à croire aux miracles – même si mes amis, désormais, me tourneront le dos. Et je vais y croire d’autant plus volontiers que c’est à propos d’un sujet touchant au domaine religieux. En effet, on a pu lire cette semaine dans « Le Canard enchaîné » la manifestation de l’intervention divine : un bon article écrit par Sorj Chalandon.

On sait qu’après le mort du titulaire, au « Canard », de la rubrique sur la télévision – précédemment tenue par Bernard Thomas, un sacré fumiste –, cette rubrique a été confiée à Chalandon, qui, en bon flemmard, s’est d’abord contenté de recopier les dialogues extraits des émissions dont on lui envoyait par avance le DVD, comme les chaînes le font avec tous les critiques. Or j’avais relevé le pourcentage énorme de lignes copiées-collées dont il farcissait les articles publiés sous sa signature, et c’était croquignolet. Il semble, soit dit en passant, qu’il ait su que je me payais sa tête. En tout cas, il a mis, depuis, la pédale douce. Toujours est-il que la chaîne de télé Arte a commencé hier soir la diffusion d’un téléfilm en huit parties, Ainsi soient-ils, avec deux épisodes de quarante-cinq minutes, et Chalandon a consacré son article de la semaine à cet évènement. Or, ce qui est nouveau, il a fait ce travail consciencieusement, complètement et avec exactitude. À le lire, j’étais scié, tant son article est irréprochable. Donc, ce n’est pas moi qui ai changé d’avis, c’est lui qui a changé de méthode !

Mais comme je persiste à mettre en lumière mon mauvais fond, je ferai une minuscule critique : Chalandon n’a pas cité le nom des deux merveilleux acteurs qui interprètent les deux rôles principaux, Michel Duchaussoy, hélas mort entre-temps, en cardinal (un beau salaud, ce cardinal), et Jean-Luc Bideau en supérieur d’un séminaire, ancien prêtre-ouvrier et très à gauche, ce qui lui vaut quelques ennuis avec la hiérarchie.

À noter pourtant, dès la cinquième minute, une belle faute de français qui pollue le dialogue par ailleurs excellent, quand un séminariste, parlant de Jésus, dit « C’est DE lui DONT j’ai besoin » – faute qui revient d’ailleurs plus tard dans le même épisode, peu avant la fin. Mais les dialoguistes sont incorrigibles.

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