Mais non, le copinage n’existe pas !

Publié le par Yves-André Samère

Marre de cette forme très particulière de copinage, celle qui sévit entre gens de radio ou de télévision. D’abord, veuillez remarquer que TOUS les gens de radio et de télévision se croient assez intéressants et talentueux pour écrire des livres et parfois réaliser des films ; et que leurs collègues de travail feignent de les croire assez dignes d’intérêt pour les inviter dans leurs émissions afin de leur passer la brosse à reluire – un instrument qui devrait servir d’emblème à la plupart des chaînes, vivant ou non de publicité.

Le principe est immuable : le présentateur de l’émission commence invariablement par dire que, s’il invite son collègue, ce n’est pas du tout parce qu’ils travaillent dans la même maison, mais parce que le collègue a sorti un ouvrage absolument remarquable et qui DOIT intéresser le public. C’est d’ailleurs valable pour les films, et Le masque et la plume, émission de critiques de France Inter, ne s’est jamais gêné pour faire une chronique sur un film ou un livre dont l’auteur était un des critiques de ladite émission, après avoir précisé en préambule qu’on n’en parlerait pas vu que ce serait du copinage et que ce n’est pas le genre de la maison, mais... on EN parle néanmoins, et longuement. Si vous voulez des noms, je suis prêt.

Ce matin, sur France Inter, Patricia Martin, qui n’est pourtant pas une cireuse de bottes, avait invité une critique de, justement, Le masque et la plume, laquelle a écrit un livre où elle raconte que, en reportage à New York, elle avait acheté un manteau ayant appartenu à Greta Garbo ! Passionnant, pas vrai ? Vous retenez votre souffle. Là-dessus, l’auteur du livre embraye, non seulement sur l’histoire de sa propre famille (arménienne, donc ayant connu le génocide de la part des Turcs, qui a eu lieu il y a seulement un siècle), mais aussi sur les hommes qui l’ont aimée un temps et qui l’ont quittée. Saisissant, on ne tient plus et on brûle de connaître la suite.

Qu’est-ce qui fait penser à tous ces zozos en mal d’un rab de notoriété que nous nous intéressons à leur sort, à leurs histoires familiales ou de cœur ? Des histoires de famille ou de cœur, tout le monde en a, qu’attendons-nous pour en faire des livres ? Justement, des livres, il n’y en a pas assez, en ce moment.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Vous avez du boulot en perspective !
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Y
Bonne nouvelle : le ridicule ne tue plus. Je vais pouvoir m’en donner à cœur joie.
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D
Quand cette gourde a commencé à dire que la frivolité n'était que l'expression d'une noirceur intérieure, et que la mode permettait d'enchanter le monde, j'ai abandonné.
Je sentais que ça allait mal tourner quand elle a parlé du manteau de Greta Garbo acheté aux enchères.
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