Malala au tapis

Publié le par Yves-André Samère

D’avance, j’étais à peu près certain que la jeune Pakistanaise, la célèbre Malala, qu’on disait favorite pour le Prix Nobel de la Paix, se prendrait une gamelle au profit de quelqu’un ou de quelque organisme pas connu du tout.

Non pas que je sois hostile à sa lutte, à supposer qu’elle soit entièrement sincère (quoique ses déclarations en faveur de Benazir Bhutto, imposteur féminin, n’ont un peu tapé sur les nerfs) et surtout, pas téléguidée par des adultes : ce dont je doute un peu, toute l’opération ne respirait pas vraiment la spontanéité, ressemblait un peu trop à une campagne de pub pour lancer un livre, et ça commençait à devenir plus qu’agaçant. Mais quand on connaît ces pays où les filles n’ont pas le droit d’aller à l’école, ou ceux dont le chef d’État tolère qu’on flanque en prison trois petits jeunes (quatorze et quinze ans), parce que l’un d’eux a photographié les deux autres qui s’embrassaient dans la rue, on ne peut pas râler contre ceux qui bousculent un peu les traditions.

Mais enfin, ce boycott de la part du jury équivaut à une baffe en direction des publicitaires, car ce genre d’opération, on en a deux par mois, au minimum... Quand donc ces vautours comprendront-ils qu’à en faire trop, on dégoûte ceux qu’ils appellent si élégamment « la cible », c’est-à-dire tout le monde ? Contrairement à ce que disait Cyrano à la bataille d’Arras, nous abdiquerions volontiers « l’honneur d’être une cible ». Voyez, depuis des mois, le battage autour du film de Kechiche : même les déclarations hostiles de sa vedette au lendemain de leurs embrassades sur la scène du palais des festivals à Cannes ressemblaient trop à un coup de pub supplémentaire.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Un peu la même réaction que la vôtre : ce harcèlement publicitaire, l'engouement des rédactions, m'ont un peu dégoûtée, et quand j'ai entendu le "verdict", je ne sais pourquoi mais ça m'a
soulagée.
Ce battage n'a rien à voir avec la légitimité du combat de cette jeune fille.
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Y
Remarquez que je ne dis pas de mal de Malala (ça sonne drôlement, « mal de Malala ». J’ai essayé de caser « Malala tête » dans le titre, mais ce verbe ne collait avec rien). Je tape comme
d’habitude sur les pubeux.

Pour ce qui est de Cecilia, j’essaye d’oublier qu’elle descend d’Albeniz, un compositeur que je vénère et dont je tente parfois de jouer « Asturias » au piano. Un jour, son fantôme viendra me tirer
par les pieds.
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D
En effet, peut-être que sa notoriété a été exploitée par les publicitaires, il n'en demeure pas moins (Nobel ou pas) que cette jeune fille est courageuse et d'une grande maturité et qu'elle ira
loin (si quelque andouille criminel ne la stoppe pas encore une fois).
Ce qui m'a frappée hier sur FI c'était l'enchainement de programmes:
de 8h à 9h: Malala
9h à 10h: Cecilia Attias ex Sarkozy (qui chante "du Witney Houston et du Pavarotti, chez elle, quand personne n'est caché dans les placards"...).Il est vrai qu'elle est l'arrière petite-fille
d'Isaac Albeniz et qu'elle s'est aussi demandé si le talent est transmissible par les gènes. Je me le demande aussi.
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