Mariage possible, droit de vote impossible

Publié le par Yves-André Samère

Combien d’homosexuels en France ? On n’en sait rien ! La loi interdit de constituer un fichier contenant des renseignements sur les origines ethniques, la religion, les préférences sexuelles ou les opinions. On ne peut se baser que sur des enquêtes sociologiques, mais, comme la sociologie n’est pas une science, impossible d’en tirer des conséquences sérieuses.

Autre écueil : qu’est-ce qu’un homosexuel ? Là, c’est pire que la météo, il n’y a pas le blanc et le noir, le oui et le non, le yin et le yang. Le rapport Kinsey, même s’il date un peu (1948 pour les hommes, 1954 pour les femmes), établissait un peu arbitrairement sept catégories : totalement hétéro ; hétéro mais occasionnellement homo ; hétéro mais homo plus qu’occasionnellement ; autant hétéro qu’homo ; homo mais plus qu’occasionnellement hétéro ; homo mais occasionnellement hétéro ; totalement homo. Il paraît que, reportées sur un graphique, les données recueillies par Kinsey montraient une sorte de courbe en cloche, dite « de Gauss », les bisexuels occupant le point le plus élevé. Je ne vais pas vous faire un laïus, étant donné que même les spécialistes ne sont pas d’accord, mais on peut raisonnablement estimer à moins de 10 % la proportion d’homosexuels dans une population, d’autres préférant moins de 5 %.

Il s’ensuit que la légalisation du mariage pour les homosexuels est tout sauf une grande cause nationale. Disons, une petite cause départementale, histoire de se rappeler Jean Yanne. D’autant moins que, parmi ces homosexuels, tous, très loin de là, n’ont pas envie de se marier ! Je crains bien que la proportion de candidats au mariage tombe aux environs de 2 %. Faut-il donc changer la loi pour une catégorie aussi restreinte ?

Admettons que oui. Mais alors, il y a en France une fraction de la population bien plus importante : les étrangers désireux d’obtenir le droit de vote aux élections locales. Et, à ceux-là, auxquels ON avait promis de donner satisfaction, ON vient de faire savoir que ce serait impossible, attendu qu’il faudrait modifier la Constitution, donc réunir le Parlement à Versailles, et en espérer une majorité des deux tiers... ce qui ne se fera jamais !

On voit ainsi combien notre législation est admirable d’élasticité : aux uns, on promet et on s’arrange pour tenir sa promesse, en dépit d’une opposition massive ; aux autres, on promet aussi, mais on les détrompe une fois mis au pied du mur en avançant que ce n’est pas possible.

La loi est bien commode.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :