Marre d’« Intouchables » !

Publié le par Yves-André Samère

En 2011, quatre films en France ont connu un triomphe : The artist, Intouchables, La guerre est déclarée et Le discours d’un roi. Unanimement, sans souci du ridicule qui s’attache à tout ce qui est excessif, les gens des médias y ont vu quatre chefs-d’œuvre du cinéma mondial. Or, sur les quatre, un seul, le premier, montrait un souci de qualité, une recherche artistique appuyée sur une vraie culture cinématographique et sur un travail indéniable et considérable. Les trois autres sont des médiocrités, mais ont bénéficié d’un état d’esprit qui tient uniquement à la situation dans laquelle se trouve le pays, circonstance dont j’ai parlé ailleurs, mais je ne vais pas me gêner pour le redire ici : le besoin d’être secouru.

On a ainsi, et successivement : un acteur de cinéma, passé de mode mais dont la carrière est relancée par une ancienne starlette qui lui devait la sienne ; un handicapé richissime qui peut enfin s’appuyer sur un p’tit gars de banlieue sorti de prison, selon le processus de l’aveugle et du paralytique ; un couple dont le bébé est atteint d’une tumeur au cerveau, crue mortelle mais qui va guérir grâce à de merveilleux médecins ; et un roi bègue qu’un faux médecin guérira, on ne saura d’ailleurs pas comment.

Des mois durant, le matraquage publicitaire en faveur de ces quatre films, dont trois sont réalisés par des Français, ne nous a pas laissé une minute de répit. Le pire est atteint depuis la semaine dernière, occasionné par la sortie du DVD d’Intouchables : vous ne pouvez aller nulle part sans tomber sur des écrans qui diffusent le film toute la journée, vous ne pouvez allumer votre radio sans qu’on vous y vante Intouchables, ses deux réalisateurs et sa vedette ultra-populaire (l’autre vedette est oubliée), vous ne pouvez ouvrir un journal sans lire qu’Omar Sy croule sous les propositions d’engagement dans un film, ou apprendre qu’il vient d’entrer au Musée Grévin sous forme de statue de cire (et François Cluzet, qui lui est un véritable acteur, il n’a droit à rien ? Parce qu’il a refusé d’aller déjeuner à l’Élysée, peut-être ?). Je n’ai rien contre Omar, je l’ai déjà dit et je le répète, mais avant d’être un acteur, il a du chemin à faire.

Alors, je vous le déclare, Intouchables, ce petit film médiocre et sans intérêt, qui ne doit sa vogue qu’à une hallucination collective renforcée par un déluge d’humanisme de circonstance et bien-pensant, j’en ai jusque là !

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