Match Onfray contre BHL

Publié le par Yves-André Samère

Puisque je vous ai parlé de l’inimitié qui existe entre Catherine Deneuve et Philippe Torreton, laissez-moi vous proposer un autre tandem. Hier, j’ai dit deux mots à propos de Michel Onfray, mentionnant au passage qu’il ne manquait pas d’ennemis. Mais j’ai gardé pour la bonne bouche le principal d’entre eux : BHL !

Bernard-Henri Lévy, nul en France ne l’ignore (et à l’étranger non plus, d’ailleurs !), est à la fois essayiste, romancier, mari d’une actrice, ancien ministre temporaire de la Guerre et des Affaires étrangères chez Sarkozy, normalien agrégé, ancien nouveau philosophe, immense cinéaste comique, chef d’un efficace réseau privé de communication, chef de collection chez l’éditeur Grasset, chroniqueur au « Point », et abonné aux tartes à la crème, mais dans la tronche. Bref, une vedette de l’actualité – de toutes les actualités, puisque le priver de caméras est le sort le plus cruel qu’il connaisse. Mais, par chance, cela ne lui arrive jamais.

Comme chef de collection chez l’un des trois plus grands éditeurs de France, il a naguère publié le premier livre de Michel Onfray, philosophe athée autant qu’hédoniste, auteur prolifique, créateur de l’université populaire de Caen, bavard mais pas sans biscuits, débatteur redoutable, et, prétend-on, « nietzschéen de gauche », qualificatif sur lequel on ne cessera jamais de s’interroger. Comme auteur, il vend beaucoup, ce qui semble le distinguer de BHL.

En avril 2010, Onfray a publié, donc chez Grasset, un livre intitulé Le crépuscule d’une idole - L’affabulation freudienne, dans lequel il contestait la psychanalyse dans sa version freudienne, qu’il considère comme une psychologie littéraire, par conséquent non scientifique, ce qui est le moins qu’on puisse dire. Le livre n’est pas dénué d’humour, puisque sa deuxième partie s’intitule Généalogie - Le crâne de Freud enfant.

Naturellement, cette contestation du dieu des psys, qui est intouchable, a suscité une énorme polémique, et BHL a déclaré que le livre était « banal, réducteur, puéril, pédant, parfois à la limite du ridicule ». Mais alors, pourquoi l’avoir publié ?

Non moins naturellement, Onfray, qui n’a pas sa langue dans sa poche, a riposté, voyant dans « le pitoyable vrai visage de Bernard-Henri Lévy » celui d’un « faussaire, d’un menteur, d’un mégalomane, d’un homme qui déteste la gauche et aime l’argent », portrait assez bien vu quand on connaît un peu l’original.

C’était inévitable, les deux sont brouillés à mort. Mais, autour d’eux, chacun rigole sous cape. Les gens sont méchants.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Quand la paille et la poutre produisent un effet boomerang !
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D
L'amusant, c'est que les qualificatifs que BHL colle à Onfray pourraient parfaitement être retournés contre lui !
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