Mauvais Français n’aimant pas le foie gras

Publié le par Yves-André Samère

Comme je n’ai pas l’habitude de commémorer de faux évènements incompréhensibles – en l’occurence, une naissance hypothétique d’un prétendu Sauveur qui ne pouvait certainement pas être né en cette saison –, et que je ne me réjouis pas sur commande à la date fixée arbitrairement par un moine mal renseigné du Vatican, je ne fête jamais Noël. Je vous dirai un autre jour toutes les choses que je ne fais PAS ce jour-là, mais aujourd’hui, je vais me contenter de vous dire que je ne mange pas de foie gras.

Du foie gras, j’y ai goûté une fois, par simple curiosité, et je n’aime pas du tout. Ma curiosité n’est donc pas devenue une gourmandise. Et puis, une fois informé sur la manière dont on le produit, il y a de quoi être écœuré. Je ne suis pas le seul, puisque les Britanniques manifestent la même répugnance. Ainsi, le journal « Daily Mirror » a publié une vidéo qui dénonce l’horreur du gavage des oies, montrant que la CIA n’est pas la seule à pratiquer la torture : volatiles à la gorge endommagée, aux pattes ensanglantées, qui agonisent, les uns sur les autres ou couverts de leur propre vomi. « Bon appétit, messieurs ! », comme disait Ruy Blas à quelques ministres intègres. Ces images ont été filmées en caméra évidemment cachée, à Chalandray, dans la Vienne, chez le producteur de foie gras Mitteault, dont l’un des trois frères dirigeants, Louis-Marie Mitteault, a réagi en annonçant le dépôt d’une plainte, et en montrant une vidéo idyllique où l’on admire des animaux bien vivants s’ébattant en paix et parfaitement heureux en pleine nature, mais... vidéo ne montrant pas la moindre scène de gavage ! Faites donc l’effort, chers lecteurs, de vous mettre à la place du bestiau : les animaux sont d’abord élevés en poussinières pendant quarante jours, puis en extérieur durant une période identique. Après quoi, donc à moins de trois mois d’âge, on les gave industriellement dans des cages, deux fois par jour, puisque bis repetita placent, pendant douze jours, à l’aide d’une pompe hydraulique ou pneumatique enfoncée dans l’œsophage, avec près d’un kilo de pâtée de maïs, et cela en trois à quatre secondes. Après cela, on les abat. Bof ! Douze jours de souffrance sur 92 jours de vie, n’est-ce pas le début du paradis ? Oies et canards doivent adorer, c’est sûr, et se porter magnifiquement après leur mort.

C’est d’ailleurs le but : les rendre malades. Lésions, inflammations (œsophagites, entérites), infections (candidoses et infections bactériennes) ; et le foie, atteint d’une lésion appelée « stéatose hépatique », grossit jusqu’à peser dix fois son poids habituel. Miam ! Imaginez encore une fois, chers lecteurs qui êtes toujours là, que des bourreaux s’ingénient à vous flanquer un bon diabète, pour dévorer ensuite vos organes définitivement hors d’usage... Un régal, pas vrai ?

Il faut dire que, chez nos ennemis héréditaires anglais, il y avait eu d’autres précédents. Par exemple, l’année dernière, l’association française L214, qui milite pour faire interdire la fabrication de foie gras, et dont la porte-parole s’appelle Brigitte Gothière, avait montré d’autres images prouvant la réalité de ce traitement sur des canards, en Vendée, chez Ernest Soulard ; ce qui avait conduit le chef écossais (et étoilé) Gordon Ramsay à boycotter les produits qui en provenait. Salauds de Britiches.

Précisons que 4 % des animaux ont l’audace de mourir en cours de traitement, avant l’abattage qui, par conséquent, représente du temps et de l’argent gaspillés. La chose a été constatée par une enquête qui montrait, dans une salle de gavage du Périgord sous contrat avec le fournisseur de foie gras de l’Elysée, un millier de canards rendus malades, immobilisés dans des cages au sol grillagé, gavés mécaniquement à la chaîne et bourrés d’antibiotiques. Faut bien nourrir Hollande, ses nombreux invités et ses dulcinées successives.

Ajoutons que l’Union européenne, dans une directive de 1998, a interdit l’alimentation forcée des animaux dans les élevages, mais qu’une dérogation en 1999, concernant oies et canards, a été prise en attendant qu’on étudie des alternatives n’impliquant pas la prise forcée d’aliments. On attend toujours... Plus faux-cul, on ne voit pas. Les cages collectives également sont interdites, mais la France a repoussé cette interdiction. Toujours notre célèbre exception culturelle.

Autre manifestation d’hypocrisie : en Europe, seuls cinq pays produisent du foie gras : la France, la Bulgarie, la Hongrie, l’Espagne et la Belgique. Dans les autres pays, on interdit le gavage, mais pas la consommation ! Bon pour nos exportations, ça, coco. Nous, les Français, avons plutôt inscrit le foie gras au patrimoine gastronomique national en 2006. C’est que les quatre-cinquièmes de nos chers compatriotes, dans un sondage datant d’octobre, pensent qu’à Noël, il est INDISPENSABLE de manger du foie gras.

Je suis un mauvais Français. Mais vous vous en doutiez déjà.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Pas TOUS les enfants. Uniquement celui-là, qui est odieux, à singer un adulte, jusqu’à s’habiller comme lui.<br /> <br /> Quoi qu’il en soit, et sachant que nul n’aurait envie de me récupérer, autant être irrécupérable.
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J
Tu n'aimes pas les enfants dans les publicités, tu n'aimes pas le foie gras. Oui, tu es irrécupérable !
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