Mentez, mentez, il n’en restera... rien !

Publié le par Yves-André Samère

Sur la mélodie de Partir, la chanson de Julien Clerc, Thierry Le Luron avait fait écrire une parodie, Mentir, qui visait les ministres de l’époque. Eh bien, il faudrait la ressortir, cette parodie. En effet, chaque fois que les maladresses ou les magouilles d’un membre du gouvernement provoquent une polémique, ce qui se produit quasiment tous les jours, on voit le charlot ou le malfrat débarquer le soir sur le plateau de Michel Denisot pour s’expliquer. Inutile de regarder alors l’émission, on est certain, d’avance, qu’il va mentir et régurgiter le bobard qu’il a mis au point dans la journée avec ses conseillers en communication. Au début, ça distrait : que va-t-il (ou elle) inventer pour se dépétrer ? Puis on se lasse.

Hier soir, c’était MAM, qui s’est fait prendre la main dans le sac en se laissant offrir un voyage en avion, en Tunisie, par un milliardaire qui est – ou a été, on s’en fiche – un proche du dictateur en fuite. Pas de surprise, elle a sorti le bobard attendu, celui qu’elle avait déjà débité dans l’après-midi à l’Assemblée nationale. Et, comme de juste, si les personnes présentes sur le plateau ont fait poliment semblant de la croire, les éditorialistes, le lendemain matin, se paient sa physionomie et la traînent dans la boue. Comme, de ses bévues à répétition, Sarkozy en a par-dessus la tête (vous me direz que ça ne fait pas très haut), je ne donne pas cher de sa carrière politique. Il me semble qu’en dépit de sa popularité inexplicable, j’avais aussi prévu que Rama Yade se ferait proprement éjecter, et c’est arrivé au dernier remaniement.

Je crois que, si un jour j’étais nommé ministre (ce n’est qu’une question de temps, patience), la première chose que je ferais, c’est : 1. de renoncer à partir en vacances, car je ne vois pas pourquoi on devrait « partir » en vacances ; et 2. de couper les ponts, le temps de mon séjour au ministère, avec toutes les personnes qui, dans ma vie privée, seraient susceptibles de me valoir le moindre soupçon que je puisse tirer avantage de ma fonction. On disait autrefois que la femme de César devrait être insoupçonnable. À plus forte raison, César lui-même. Si ces sacrifices semblent insupportables, on n’accepte aucune fonction officielle, c’est simple. Certains Romains faisaient ça très bien.

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