Mentir pour militer

Publié le par Yves-André Samère

Je suis (re)tombé par hasard sur une vieille campagne de publicité en faveur d’un film, et c’est gratiné. Il s’agissait de We feed the world, alias Le marché de la faim, qui était sorti en 2007. Et je me suis demandé pourquoi les bonnes causes sont si souvent défendues par de mauvais arguments. Je m’explique.

À intervalle régulier, des films prétendent réveiller nos consciences endormies, mais ils le font trop fréquemment par des arguments biaisés (expression polie pour éviter d’écrire « des mensonges éhontés »). Circonstance aggravante, la presse répercute automatiquement les assertions ineptes qu’on nous assène, et ne vérifie rien.

Le film dont je parle utilisait pour sa publicité le slogan suivant : « Chaque jour à Vienne, la quantité de pain inutilisée, et vouée à la destruction, pourrait nourrir la seconde plus grande ville d’Autriche, Graz... ».

S’était-on donné le mal de vérifier cette énormité ? Au moment de la sortie du film, la population de Vienne était de 1 700 000 habitants, tandis que celle de Graz atteignait les 287 000 habitants. Rapport de ces deux données : 5,9. Arrondissons à 6. Peut-on croire sérieusement que les seuls restes de pain laissés par six personnes pourraient en nourrir une septième ? A-t-on jamais fait l’expérience ? J’en doute.

Mais le public a gobé le bobard que les médias ont répercuté durant des semaines. Plus c’est gros, mieux ça passe. Et lorsqu’on découvre que ce genre de propagande commerciale se fonde sur un mensonge grossier, il est trop tard, le film a fait le plein de spectateurs convaincus d’avance.

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