Mes quatre saisons : l’automne

Publié le par Yves-André Samère

Je vous ai déjà fait part de mon aversion pour l’hiver, le printemps et l’été. Vous en avez conclu que j’adorais l’automne. Eh bien non, et puisque cette saison commence en principe aujourd’hui, je vais vous exposer en quoi je n’aime pas non plus l’automne.

Ça tient en un mot : c’est l’époque de la rentrée. Ou plutôt la Rentrée, avec une majuscule. Je n’ai jamais supporté la notion même de rentrée. Enfant, je détestais l’école, et n’aspirais qu’à une chose : qu’on me fiche la paix, afin que je puisse lire tranquillement, vautré dans la poussière de notre cabane à outils, tous les livres et journaux qui me tombaient sous la main. Inutile de dire que cet idéal n’a jamais été atteint, même si mes géniteurs n’avaient pas la sottise de ces parents qui croient qu’un enfant doit avoir des activités, lesquelles occupent la moindre minute de sa vie. Chez moi, sans complexe, on savait s’ennuyer, et jamais on n’a tenté de m’envoyer chez les scouts, dans un club de judo ou un cours de violon. Mais, dès l’âge de dix ans, j’allais au cinéma, et seul, deux fois par semaine – pour commencer.

Il se trouve qu’en outre, la plupart de mes instituteurs et quelques-unes de mes institutrices – pas toutes, je dois beaucoup à l’une d’elles – étaient de parfaits crétins, et que, en général, j’en savais plus qu’eux (vous reconnaissez ma modestie). Je ne comprenais pas, et je ne comprends toujours pas, pourquoi mes parents m’envoyaient perdre mon temps dans cette activité futile, alors que je trouvais dans mes propres lectures de quoi me satisfaire, et bien plus vite. Prenons un exemple : à quatorze ans, je savais extraire une racine cubique « à la main », pouvais calculer la note donnée par une cloche en fonction de son poids, et jonglais avec les logarithmes, que j’avais découvert dans un vieux livre de classe ayant appartenu à une de mes tantes. Eh bien, j’ai constaté ensuite, avec horreur, que cet outil mathématique tellement excitant n’était même pas enseigné en classe de terminale ! Et, très certainement, aucun de mes maîtres d’école n’était capable de comprendre cette notion.

Et puis, l’obligation de me lever de bonne heure et, dès l’âge de six ans, de devoir me taper un kilomètre à pied pour aller me geler dans une salle de classe qui était le rendez-vous de tous les courants d’air, merci, très peu pour moi. De sorte que, un jour sur deux, j’étais opportunément trop enrhumé pour sortir. Si vous avez vu le film de John Hughes La folle journée de Ferris Bueller, chef-d’œuvre pas assez connu, vous comprendrez ce que je veux dire.

Donc, l’automne, à la poubelle !

Mais alors, me direz-vous, que reste-t-il ? Il y a bien une ressource : on doit pouvoir visionner quelque part un film belge qui s’intitule La cinquième saison. Je vais tâcher de le voir, et je vous dirai.

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