Moi, futur abstentionniste, je...

Publié le par Yves-André Samère

Comme Henri Tisot le faisait dire à De Gaulle : « Je suis décidément décidé ». Décidé à ne plus voter, car il est probable qu’aucun de ces démagogues qui s’offrent à nos suffrages ne s’avèrera jamais capable de surmonter ce handicap, rabâcher sans cesse cette expression qui me donne de l’urticaire : les Parisiennes et les Parisiens, ou les électrices et les électeurs. J’en ai plus qu’assez de cet horrible attentat contre la langue française, qui, je le rappelle de temps à autre, a été dénoncé par Pierre Desproges dans son réquisitoire, le jour où le Tribunal des Flagrants Délires « jugeait » la chanteuse Sapho.

En l’occurrence, ce pléonasme foule au pied le principe de la langue française, celui prescrivant qu’un terme générique comme Français (ou Parisien, ou Marseillais, ou Bordelais, ou tout ce que vous voudrez) désigne À LA FOIS les hommes et les femmes, sans qu’il soit besoin de préciser lourdement qu’on vise les deux sexes (je dis encore « sexe », histoire de filer un coup de patte aux obsédés qui veulent nous faire dire « genre »). Et cette lourdeur dans le langage est un appel, du pied encore, envers lers femmes qui votent, afin de leur rappeler qu’on ne les oublie pas.

Ridicule et dérisoire.

Ce matin sur France Inter, c’est Nathalie Kosciusko-Morizet qui s’est livrée à cet exercice. Même en écoutant d’une oreille discrète – ses propos ne méritaient pas une attention plus soutenue, car elle a débité son catéchisme sans JAMAIS répondre à la moindre question –, je l’ai entendue dire sept fois (au moins) « les Parisiennes et les Parisiens », et une fois « les électrices et les électeurs ». Mais comme je me doute bien qu’à la première occasion, sa rivale socialiste Anne Hidalgo fera de même puisque son mentor Delanoë n’y manque en aucun cas, je ne voterai pour aucune des deux.

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