Mon quart d’heure xénophobe

Publié le par Yves-André Samère

Dans un de ses romans, Métaphysique des tubes si je me souviens bien, Amélie Nothomb avait raconté cette histoire drôlatique : son père, qui était ambassadeur de Belgique à Tôkyô (ou consul général, j’ai oublié), s’était entendu demander par un de ses hôtes s’il aimait l’opéra local – kabuki ou , je ne sais plus. N’osant répondre qu’il n’en avait rien à cirer, il n’avait pas non plus osé refuser l’invitation qu’on lui fit alors de visiter une école de chant. Plus grave, une fois sur place, et devant son enthousiasme de plus en plus, euh… enthousiaste et non moins feint, on lui avait aimablement proposé de prendre des cours dans ladite école, et, complètement enferré dans son mensonge de courtoisie, le pauvre homme avait dû par la suite se taper des mois de cours de chant, à l’issue desquels il était devenu le premier étranger diplômé d’une école d’opéra japonais !

À vrai dire, je ne suis pas certain que cette histoire n’ait pas germé spontanément dans la cervelle malade de son auteur, mais peu importe, car elle me paraît comporter une morale, or je suis un être foncièrement moral. Cette morale, c’est celle-ci : évitez à tout prix d’aller au Japon ! Et si vous y allez, que ce soit en marchant sur des œufs – d’hirondelle, au besoin. En outre, si jamais vous êtes invité chez un Japonais et que celui-ci vous propose de reprendre un coup de saké, gardez-vous bien de refuser, il serait capable de se faire hara-kiri sous vos yeux. Ces Asiatiques, non seulement sont énigmatiques, mais, cerise sur le gâteau (oui, là-bas, les cerisiers, on connaît), ils sont plus susceptibles que tous les Corses réunis.

C’est l’avantage du Maroc sur le Japon. Au Maroc, si vous refusez le troisième verre de thé à la menthe en argüant que votre diabète ne vous autorise pas une telle folie, le maître de maison feindra certes de vous croire, mais vous tiendra en secret pour un gougnafier. Et, après votre départ, il battra sa femme pour n’avoir pas mis assez de sucre dans le thé, ayant pris votre prétexte pour une justification à l’envers, selon les règles de la courtoisie locale.

(NB : amis pisse-vinaigre, pour les messages d’insultes, c’est à l’endroit habituel, au bas de cette page. Merci)

Publié dans Humour

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :