Mon rêve : ministre de l’Intérieur

Publié le par Yves-André Samère

Moi qui n’ai pas démérité, puisque je parle de Lui plusieurs fois par semaine, si un jour Sa Majesté l’Empereur tient à récompenser mon dévouement, j’espère qu’il me nommera ministre de l’Intérieur. C’est en effet mon rêve depuis longtemps. Je vous jure, sitôt installé, « Je vais m’en fourrer, fourrer jusque là », comme chantait le baron de La vie parisienne.

Songez aux avantages : quand vous êtes « mini de l’Inter » (référence : Orange mécanique, d’Anthony Burgess), vous pouvez violer la loi en toute impunité. Vous pouvez, par exemple, faire une blague raciste ; puis faire pression sur votre victime (en profitant du fait que c’était un garçon jeune, pas très malin, pas très courageux non plus) pour l’obliger à vous défendre dans une vidéo bidon que vous aurez fait écrire par un de vos porte-coton, puis, cela obtenu, oublier toutes les promesses que vous lui avez fait transmettre en vue de le persuader, le laissant ainsi tomber comme une vieille chaussette ; vous pouvez, à l’occasion d’un phénomène météorologique malencontreux, vous révéler aussi incapable que possible, nier l’évidence, tricher sur les heures, sur le nombre de citoyens que votre incurie a incommodés, rejeter la faute sur les autres, et ignorer qu’au même moment, le ministre des Transports espagnol a été limogé pour sa seule incapacité... mais pas pour avoir menti publiquement ; vous pouvez critiquer une décision de justice en toute impunité, et venir récidiver au micro de la radio nationale, sans que cela émeuve qui que ce soit – quand n’importe quel pékin qui agirait de même écoperait au mieux d’une inculpation pour outrages à magistrat.

La belle vie, vous dis-je ! Il me tarde.

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