« Monseigneur » ? Et puis quoi encore ?

Publié le par Yves-André Samère

Pour la durée de l’été, Bruno Duvic fait sur France Inter l’intérim de Patrick Cohen, dans la tranche horaire quotidienne de 7 heures à 9 heures. J’aime assez ses manières : lorsqu’il présente quelqu’un, il dit « Bonjour monsieur » ou « Bonjour madame », ce que personne d’autre ne fait. Certes, il est stupide de dire bonjour à quelqu’un au micro, alors qu’on sait très bien que les deux interlocuteurs se sont vus avant. Là, c’est de la comédie destinée aux auditeurs, jugés, par conséquent, assez crétins pour y croire.

Malheureusement, Duvic recevait ce matin un évêque, et, à lui, il n’a pas donné du Monsieur, mais du Monseigneur. Jamais je ne comprendrai ni n’admettrai cette forme de déférence discriminatoire qui ne témoigne d’égards particuliers qu’aux prêtres CATHOLIQUES. Aucun autre culte n’est traité avec tant de platitude. Dire « Monseigneur » à un évêque, c’est reconnaître son autorité morale. Mais alors, pourquoi aux seuls dignitaires de CETTE religion-là ?

Soit dit en passant, l’évêque reçu ce matin s’est révélé particulièrement hypocrite et grossier. Grossier, parce qu’il s’est permis d’appeler par son prénom, Laetitia, une journaliste qui secondait Duvic. Hypocrite, parce que, interrogé sur l’opposition de l’Église catholique à l’ouverture aux homosexuels du mariage civil prévu par Hollande, il n’a cessé de répéter que la lettre du cardinal Vingt-Trois, qui sera lue demain en chaire, n’incitait qu’à la prière. C’est évidemment un peu biaisé ! Et ces dérobades ne trompent personne. La religion n’interdit pas de mentir ? « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites » (Mathieu, XXIII, 13-15)

(NB : et un journaliste disant « Mon père » à un prêtre, ce n’est pas un comble ? Surtout si le journaliste est juif, musulman ou athée !)

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
« Je parle simplement des gens qui ont été élevés dans un milieu catholique pratiquant ». Eh oui, sans doute, mais je ne faisais aucune allusion à ceux-là. Mon article était très
clair : il parlait DES JOURNALISTES. De ceux qui ont la responsabilité de bavasser dans un micro sans qu’on puisse leur objecter quoi que ce soit.

Dans le privé, chacun fait ce qu’il veut, on s’en fiche. Mais à la radio, non.
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D
Mais bien sûr, je ne vois pas pourquoi un juif ou un musulman s'amuserait à appeler "mon père" un prêtre.
Je parle simplement des gens qui ont été élevés dans un milieu catholique pratiquant.
Quant à la tradition comme la chasse, l'excision, la corrida, etc... faut pas exagérer, cela n'a rien à voir avec un vocabulaire utilisé uniquement en privé.
Le journaliste n'avait pas à l'appeler "monseigneur". Tiens, hier j'ai entendu dans un flash info, une journaliste parler de la lettre de "Jean vingt-trois" qui en réalité s'appelle "André
Vingt-Trois"...
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Y
En somme, il faudrait continuer parce qu’ON A TOUJOURS FAIT COMME ÇA... Mais alors, si les traditions sont à ce point intouchables, il faudrait aussi continuer d’exciser les petites filles et de
brûler les sorcières !

En réalité, cette histoire de tradition achoppe sur deux hérésies : d’une part, ce privilège indu accordé aux SEULS prêtres catholiques ; d’autre part, l’impossibilité de justifier que les
journalistes non catholiques se plient à cette pseudo-règle, et qu’un juif, un musulman ou un athée donne du « mon père » à un prêtre catholique !
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D
C'est entendu, un journaliste se doit d'être neutre. C'est le titre officiel, mais pas forcément nécessaire.
N'empêche, je dis "mon père" "ma sœur". Pas trop rencontré des "monseigneur", par contre. Question d'habitude d'école catholique.
Ce garçon a dû en tâter aussi !
Cette dernière phrase n'est pas ambigüe...
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