Mourir sans jamais avoir...

Publié le par Yves-André Samère

C’est certain, je mourrai sans jamais avoir :

- sauté en parachute. Mais, gravement atteint d’acrophobie (le vertige, quoi), j’ai marché au-dessus du vide sur la corniche extérieure des arènes d’Arles, pour tenter de me guérir. Ça ne m’a pas guéri, au contraire de James Stewart dans Vertigo.

- mangé de truffe. Mais j’ai mangé – plusieurs fois – de la cervelle de dromadaire. Pas de chameau, ne confondez pas.

- rencontré Alfred Hitchcock. Mais j’ai rencontré un de ses meilleurs amis, qui a publié un livre sur lui.

- eu peur des araignées, ni des scorpions, ni des serpents. Mais on ne me forcera pas à toucher un ver de terre.

- publié de livre. Mais j’ai été cité deux ou trois fois, en note de bas de page, dans des livres publiés par des gens connus.

- pris de drogue. Mais j’ai essayé, une seule fois, de fumer du shit marocain. Comme ça ne m’a rien fait, je n’ai pas récidivé.

- été expulsé d’un cinéma. Mais j’ai été expulsé d’un théâtre, à Casablanca, parce que je m’étais assis dans la loge du gouverneur.

- mis les pieds aux États-Unis. Mais je connais assez bien l’Europe.

- été gravement malade. Mais on m’a néanmoins opéré d’un mélanome (cancer de la peau), juste à temps.

- dit la moindre réplique sur la scène d’un théâtre. Mais j’y ai chanté (La Marseillaise, avec la chorale de mon école).

- su faire la cuisine. Mais c’est parce que ça m’ennuie au-delà de toute expression.

- pu jouer la Polonaise Héroïque de Chopin. Mais j’ai joué en public du Debussy, un compositeur que je déteste.

- été arrêté par la police. Mais j’ai quand même fait deux jours de cellule.

- fêté Noël ou le Nouvel An, ni présenté mes vœux à qui que ce soit. Et ça ne risque pas de m’arriver.

- tué un animal. Mais, enfant, j’ai mangé des oursins et des arapèdes, avant de comprendre qu’ils étaient vivants.

- assisté à un match, de quelque sport que ce soit. Mais on m’a forcé à jouer au football.

- participé à une bagarre. Mais, une seule fois, j’ai flanqué un marron à un type qui m’avait giflé. On nous a séparés.

- vu le pape. Sauf une fois, mais c’était une audience publique, et nous devions être quelques milliers de touristes dans la basilique Saint-Pierre.

- vu Hollande, Sarkozy ou Chirac. Mais j’ai croisé dans la rue Giscard et Mitterrand.

- assisté à un concert d’un chanteur à la mode. Sauf une fois. C’était... Johnny Hallyday. Si-si ! Je vous le jure. Il n’y avait aucun film à voir dans une ville, Marseille, où je passais une soirée. C’était ça ou me jeter dans le Vieux Port.

Publié dans Humour, Curiosités, Mœurs

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

DOMINIQUE 23/02/2015 21:23

- arrêter la Bentley de la Queen Mum. Mais mon père l'a fait sous mes yeux à Douvres.

Pour les vers de terre, je suis entièrement d'accord avec vous. Jamais de la vie. Mais je peux prendre une araignée par une patte sans frémir.

cacciarella 23/02/2015 17:20

Chez Debussy détestez-vous l 'homme ou sa musique ? Cà m'interesse .

Yves-André Samère 23/02/2015 17:25

Sa musique, bien sûr. L’homme, je le connaîtrai mieux quand j’aurai lu son recueil de critiques musicales, « Monsieur Croche ». Si je trouve le temps, car ce n’est pas une priorité.

C 23/02/2015 16:47

Vous "mouriez" ou vous "mourrez"?
Et comment pouvez-vous être sûr de ce que vous affirmez? C'est triste de se voir déjà mort je trouve...

Yves-André Samère 23/02/2015 17:20

Merci d’avoir signalé la faute, désormais corrigée. Comment je peux affirmer cela ? Parce que je me connais depuis ma naissance. Quant à la tristesse de se voir déjà mort, je n’ai jamais écrit que je me voyais DÉJÀ mort. Mais je sais ce que je ne ferai pas, étant vivant.