Multiplier les établissements de santé ?

Publié le par Yves-André Samère

Cette histoire navrante de la femme qui a perdu son bébé parce que, la maternité où elle se rendait étant trop éloignée, elle a dû accoucher en route, a provoqué les inévitables réactions passionnelles, toutes fondées sur cette émotion qui tend à remplacer l’information. Même Hollande s’en est aussitôt mêlé, et, bien que doté d’une intelligence au-dessus de la moyenne, sa fonction l’a contraint à jouer du violon et à promettre ce que jamais il ne poura tenir : à savoir, un « plus jamais ça » qui ne mange pas de pain et rappelle, c’est un comble, les promesses quotidiennes et jamais suivies d’effet de Sarkozy.

Le raisonnement le plus souvent entendu, c’est qu’il est « scandaleux » qu’on ferme des établissements de santé dans les petites villes, sous le prétexte qu’ils font peu d’actes médicaux, et ne sont donc pas rentables. Et chacun de crier au charron : au nom de la rentabilité, clame la vox populi, on sacrifie des vies. Et seul un médecin lucide, hier soir sur Canal Plus, a eu le courage de pronostiquer que ce type d’évènements va se produire de plus en plus souvent, et pour une tout autre raison que le vilain pognon.

La vérité, c’est que les petits établissements de santé sont dangereux. Leur manque de rentabilité n’est que la partie émergée de l’iceberg. Pourquoi dangereux ? Parce qu’en deçà d’un certain niveau d’activité, les médecins et les infirmières qui y travaillent perdent la main, ont moins d’expérience que les praticiens exerçant en CHU, et envoient, involontairement bien sûr, davantage de patients dans l’autre monde. Les statistiques ont été publiées il y a quelques années, je les ai lues, et elles sont terrifiantes.

Il faut donc nous y faire, on ne va pas multiplier en pleine campagne les maternités qui ne font que dix accouchements par an. La solution n’est pas là, elle est dans l’organisation de transports médicaux plus efficaces et plus rapides.

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