Napoléon zéro

Publié le par Yves-André Samère

Napoleone Buonaparte (mais en Corse, on prononçait de préférence Nabolioné), qui se couronna lui-même empereur quand il fut fatigué de n’être que Premier Consul, s’efforça de singer la royauté qui l’avait précédé, sans y parvenir autrement qu’en créant une Cour peuplée de ploucs et de parvenus. Certes, l’un de ses subordonnés réussit dans la vie, le général Bernadotte, qui fut réclamé par les Suédois pour devenir leur roi, et fut ainsi à l’origine d’une dynastie qui dure encore, quand celle des Bonaparte ne dura que ce que durent les dictateurs. Mais Bernadotte fut bien le seul.

On oublie souvent de dire que Bonape, comme l’appelle Henri Viard dans ses romans policiers, fut avant tout le créateur de la mafia. Il avait en effet la charmante manie de placer les membres de sa famille sur les trônes européens qui passaient à sa portée, au hasard des guerres qu’il fit un peu partout, bien qu’évitant l’Angleterre, laquelle déjà pensait des Français et de leurs souverains... ce qu’elle en pense actuellement.

Napo se désespérait de n’avoir pas de fils et commençait à regarder de travers sa première épouse, Rose-Marie ou Marie-Rose (qui jamais ne s’est appelée Joséphine), la soupçonnant d’être stérile, bien que déjà mère de deux enfants, mais d’un autre époux, ce qui aurait dû lui fournir un beau sujet de réflexion. Ce premier époux, Alexandre de Beauharnais, ayant été guillotiné en 1794, je vous épargne néanmoins et charitablement le calembour sur Marie-Rose, la mort parfumée des époux.

Or il se trouva que Bonape avait commencé sa carrière sentimentale dans les bras d’un camarade lui aussi militaire, Jean-Andoche Junot, avec lequel il partagea une chambre durant quelque temps, alors qu’ils étaient tous deux fauchés. Il devint d’ailleurs général, plus tard, et pas des meilleurs. Mais Junot, trop sentimental et amoureux sans espoir de son camarade de chambre, devenait envahissant, et, devenu chef de l’État, ce dernier l’obligea à se marier avec une femme, quelle horreur. Il termina fou. Buonaparte, lui, consomma énormément de femmes, bien que peu pourvu sur le plan anatomique (l’examen de ses restes révéla que son sexe avait la taille de celui d’un enfant, c’est écrit en toutes lettres et en latin dans le rapport du médecin), et tout le monde témoigna que, plus rapide que Chirac (monsieur « Trois minutes douche comprise »), il le battait d’une bonne minute, sans doute parce qu’il ne prenait pas de douche. Il en prit cependant une le jour où il apprit qu’un fils lui était né, d’une de ses maîtresses, Éléonore Revel, une amie de sa sœur Caroline. Fou de joie puisque cela prouvait qu’il était capable d’engendrer, il... répudia la pauvre Joséphine et se maria plus tard avec Marie-Louise d’Autriche – encore une Autrichienne ! Quant à l’enfant, prénommé Léon pour souligner qu’il n’était que la moitié de son père, il ne fit rien de bon dans la vie. Son histoire conclut un livre paru récemment, Grands zhéros de l’histoire de France, par Clémentine Portier-Kaltenbach. Assez intéressant, mais un peu cher. Ben oui, la vérité n’a pas de prix, comme on le pense à la rédaction de « Paris-Match »

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