Née pour l’Épiphanie ?

Publié le par Yves-André Samère

L’année dernière, le 6 janvier, Sarkozy, qui était encore not’ bon maît’, a cru bon d’aller à Vaucouleurs pour célébrer le prétendu six-centième anniversaire de la naissance de Jeanne, la Pucelle d’Orléans. Prétexte : elle serait née le 6 janvier 1412. Arrière-pensée : se faire mousser comme le font les Le Pen chaque 1er mai.

Or tout est douteux, dans cette date. Jeanne elle-même ignorait son âge. Quant au 6 janvier... Mais reportons-nous au Moyen-Âge.

À cette époque, et surtout à la campagne, le petit peuple ne se préoccupe guère du calendrier, donc chacun ou presque ignore sa propre date de naissance. En fait, seul le clergé possède assez d’instruction pour s’en soucier, et il a l’obligation de faire observer les fêtes religieuses à célébrer. Mais le peuple, lui, ne retient que cela, les fêtes religieuses. On disait donc que Untel était né trois jours avant la Noël 1410, que Machin avait vu le jour une semaine après la Toussaint, et ainsi de suite.

Revenons au 6 janvier, qui est justement une fête religieuse, l’Épiphanie, jour où se commémore la prétendue visite à Bethléem des « rois-mages » (la Bible ne dit pas que ce sont des rois, ni qu’ils étaient trois). Donc, si Jeanne était née ce jour-là, on aurait retenue autour d’elle qu’elle était née « le jour de l’Épiphanie », et on le lui aurait rappelé toute sa vie : « Jeannette, tu es née pour l’Épiphanie de telle année, et ce jour-là, etc. » (Ici, un radotage de type familial).

Par conséquent, elle s’en serait souvenue, et n’aurait pas affirmé, lors de son procès, qu’elle ignorait sa date de naissance. Il s’ensuit que, logiquement, elle a dû naître un jour quelconque, qui ne pouvait pas être le 6 janvier, une fête religieuse ! Et ce détail n’a retenu l’attention de personne...

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