Nobel de la Paix : une mascarade

Publié le par Yves-André Samère

Il y a des choses réconfortantes, dans la vie. Des bouées de sauvetage, auxquelles on peut toujours se raccrocher. Ainsi, tenez, cette constance avec laquelle le Prix Nobel de la Paix est décerné, chaque année, à des individus ou à des organisations qui, de la paix, illustrent le contraire exact. À croire que le jury est composé majoritairement, soit par des plaisantins, soit par des fous furieux.

Quelques exemples au hasard.

En 1973, le Prix Nobel de la Paix a été décerné à Henry Kissinger et Lê Đức Thọ, pour avoir conduit les négociations ayant entraîné la fin de la guerre du Vietnam, l’accord ayant été signé le 23 janvier. Je signale que, si le second a refusé son prix parce qu’il estimait que la paix n’avait pas vraiment été rétablie, le premier l’a accepté. Or, le 11 septembre de la même année, le président chilien Allende, renversé par le général Pinochet et « suicidé » comme Stavisky, Oufkir ou Figon, dut sa chute au même Kissinger, qui avait préparé le complot destiné à écarter ce régime de gauche. Cela valait bien le Prix Nobel de la Paix, en effet.

L’année suivante, le prix a été décerné à Sean MacBride, co-fondateur d’Amnesty International, mais qui avait commencé comme... terroriste au sein de l’IRA.

C’est encore à un ex-terroriste que le prix a été décerné en 1978 : l’Israélien Menaghem Begin l’a reçu, conjointement avec Anouar es-Sadate, président égyptien connu pour ses pratiques d’accaparement des richesses de son pays. Tous deux devaient être récompensés pour s’être... rencontrés alors que leurs deux pays étaient en guerre.

Dès l’année suivante, c’est « mère » Teresa qu’on couronna. Cette pseudo-sainte refusait, aux malades qu’elle accueillait dans son mouroir de Calcutta, tout médicament antidouleur, et leur prêchait l’acceptation de la souffrance, qui était, selon elle, « un don de Dieu ». Mais elle acceptait de l’argent volé (un million de dollars) par un aigrefin qui fut condamné en justice pour avoir pillé et ruiné les caisses d’épargne où les pauvres des États-Unis avaient mis toutes leurs économies. Elle refusa de rendre l’argent.

En 1988, c’est aux casques bleus des Nations-Unies qu’on donna le prix, alors que jamais ils n’ont empêché quelque atrocité que ce fût, faute qu’on leur en donnât l’ordre.

En 1994, trois lauréats : Yasser Arafat, Shimon Peres et Yitzhak Rabin, pour avoir négocié la paix entre Israël et la Palestine. La guerre dure encore, mais c’est un détail trivial.

En 2007, sont couronnés Al Gore et le GIEC. Al Gore s’est rendu célèbre grâce à un film pseudo-écolo, où il tentait de faire oublier qu’à l’époque où les États-Unis ont refusé de signer le protocole de Kyôtô, il était... vice-président des États-Unis. Prodigieusement enrichi par les conférences qu’il donna sur le sujet du réchauffement climatique, il n’a rien fait d’autre, et l’on découvrit que sa maison consommait autant d’électricité que tout un quartier de sa ville !

Deux ans plus tard, c’est Barack Obama qui décrocha le prix. Il n’était président des États-Unis que depuis quelques mois et n’avait encore rien fait. Aujourd’hui, dans ce domaine, il n’a toujours rien fait, et le centre de détention de Guantanamo qu’il avait juré de fermer au plus vite fonctionne toujours parfaitement. Mieux, son pays continue d’envoyer dans des pays amis et complices, par exemple au Maroc, les indésirables que l’on torture pour obtenir des informations.

Aujourd’hui enfin, le fameux prix a été décerné à... l’Union européenne et à TOUS ses participants. Peu importe que l’Union européenne, nain politique, soit un champ de ruines, et que les pays qui y ont adhéré entrent l’un après l’autre dans un processus de faillite. Ce qui compte, c’est le gouvernement de la parole.

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