Nomophobie

Publié le par Yves-André Samère

Chaque jour, je me demande pourquoi tant de mortels tiennent à téléphoner sans arrêt. Et dans la rue, qui plus est : le milieu le moins favorable qui soit, avec le vacarme des voitures et la bousculade opérée par leurs contemporains. Un de ces jours, dès qu’on leur en aura fourni la possibilité, vous verrez, ils téléphoneront du fond de leur piscine, puisqu’ils le font déjà dans leur baignoire.

Moi, je n’éprouve aucun besoin de téléphoner. Lorsqu’un livreur doit m’apporter une commande, il m’appelle parce qu’il ne peut pas entrer dans l’immeuble, je lui ouvre à distance, et tout est dit, nous n’avons aucun besoin de nous raconter notre vie. Mais se téléphoner (« T’es où ? ») pour faire du radioguidage, parce qu’on a été incapable de convenir du lieu et de l’heure d’un rendez-vous, cela me paraît stupide ; et je ne changerai pas de point de vue.

Il m’arrive de rester au téléphone une heure ou deux de suite, mais c’est avec une seule personne, souvent un cousin, qui vit à Toulouse et qui est très malade. Il est très cultivé (il lit les textes anciens comme vous lisez « L’Équipe » ou « Closer », et rédige des ouvrages d’art), il ne sort quasiment jamais de chez lui, et possède un moral à zéro. Alors, je le houspille, je le fais rire, nous parlons d’Histoire, et pendant ce temps, il oublie ses maux. En pratique, c’est le seul usage du téléphone qui me semble utile. Mais parler à quelqu’un dont on ne voit pas le visage, c’est du vice. La seule maladie que je n’attraperai jamais, c’est la nomophobie !

(Cherchez sur Wikipédia, je crains fort que le Littré, là, soit dépassé)

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