Notons les agences de notation !

Publié le par Yves-André Samère

Les initiatives ridicules dans le monde scientifique sont « récompensées » depuis 1991 par le Prix Ig Nobel. Le mauvais cinéma et la mauvaise télévision ont leurs Gérard annuels. Les acteurs désagréables avec la presse se voient décerner le Prix Citron. Et il me semble qu’un prix existe, qui met en lumière les hommes politiques ayant proféré dans l’année une absurdité.

Dans ces conditions, je propose qu’on instaure un prix destiné à récompenser les agences de notation, qui font tant parler d’elles en ce moment. Comme l’écrit Jean-François Gayraud, criminologue, dans son livre La grande fraude, « la crise des subprimes a démontré que les agences de notation ont, jusqu’au dernier moment, noté de manière élogieuse des produits excessivement risqués et souvent sans valeur ». Un tel exploit mériterait bien un prix, qui pourrait s’appeler le Prix Ha ha ha !, et qui aurait un avantage évident : tout le monde serait distingué ! En effet, comme il n’existe que trois agences de notation, Standard & Poor’s, Fitch Ratings et Moody’s, il suffirait de décerner chaque année une médaille d’or, une autre d’argent et une troisième de bronze pour que tout le monde soit satisfait.

Naturellement, cette année, la médaille d’or irait à l’agence Standard & Poor’s, celle qui vient de dégrader la notation qu’elle donne aux États-Unis, au risque de déclencher une nouvelle crise mondiale. Or ce n’était pas son premier exploit, puisque cette agence, qui a oublié de se noter elle-même, a commis une erreur de calcul de seulement… 2000 milliards de dollars dans ses projections de déficit budgétaire des États-Unis jusqu’en 2021. Même une bête ne l’aurait pas fait.

Attenion ! S&P, comme on la désigne chez les initiés, a reconnu son erreur ! Mais elle n’a pas été jusqu’à estimer qu’une méprise de ce calibre suffisait pour rectifier son jugement, ni même se donner un seul jour supplémentaire pour réévaluer sa propre analyse, comme l’a fait remarquer John Bellows, le secrétaire adjoint au Trésor de ce pays. En bref, je me goure, je fais un tas de dégâts, je le reconnais… mais je ne reviens pas en arrière. Comment ne pas accorder sa confiance à une telle entreprise ?

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