Notre cinéma fiche le camp

Publié le par Yves-André Samère

En dépit des propos triomphalistes de TOUS nos ministres de la Culture, sur le mode « Notre cinéma se porte bien », voilà encore un secteur de l’activité économique française qui fiche le camp ! Le dernier film sur Astérix, qui est sorti le 17 octobre, Astérix et Obélix au service de Sa Majesté, a été réalisé à Malte, en Irlande et en Hongrie. Un peu pour les mêmes raisons qui, jadis, avaient incité Stanley Kubrick à s’installer en Angleterre alors qu’il est né et a fait ses premiers films à New York : l’argent (celui gagné sur le sol britannique par les films venus des États-Unis ne pouvant être rapatrié, il fallait le dépenser sur place, et le seul moyen était de réaliser en Angleterre les films qui auraient pu être faits à Hollywood).

Soit dit en passant, le gouvernement français a commis une boulette, et ce n’est pas la seule dans ce domaine, après celle de l’avance sur recettes consentie par le Centre national du cinéma : pour attirer les cinéastes étrangers, donc surtout hollywoodiens, on a créé chez nous un crédit d’impôts pouvant monter jusqu’à 4 millions d’euros. Mais ça, c’est pour les étrangers, car ce crédit est plafonné à 1 million pour les films français ! De sorte qu’il n’a plus aucun intérêt dès qu’un film français doit avoir un budget supérieur à 10 millions. Or cet Astérix coûtait 61 millions ! Ajoutez à cela les salaires français trop élevés pour les producteurs, et vous comprendrez pourquoi ils préfèrent travailler en Tunisie, au Maroc, en Tchéquie ou en Hongrie. Là-bas, on peut se payer des foules de figurants pour un peu de verroterie ou une poignée de cacahuètes.

Récemment, Luc Besson a inauguré sa Cité du cinéma dans la banlieue nord de Paris, de grands studios bien équipés, où il vise les gros films réalisés par d’autres. Parions que cela ne va pas durer très longtemps. Il perd son sens des affaires, Besson ?

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