« Nus et culottés »

Publié le par Yves-André Samère

Vu hier soir sur France 5 une émission qui sortait un peu de l’ordinaire télévisuel. Cela s’intitulait Nus et culottés, et cela montrait le premier épisode d’un voyage (il y aura une suite) de deux garçons, Nans Thomassey et Guillaume Mouton, dits Nans et Mouts, qui ont formé le projet abracadabrantesque de partir en Hollande, avec pour tout bagage un couteau, un baluchon et trois petites caméras, dont deux fixées sur un bâton attaché audit baluchon. Et rien d’autre. Vous avez compris : ils partaient sans argent, sans nourriture, et surtout sans le moindre vêtement ! Leur devise : « Rien ne sert de courir, il faut partir à poil » !

Comme le point de départ était une plage de la Somme, où la température n’est pas celle qui règne à Dakar ou Abidjan, le premier souci était de trouver de quoi se vêtir. L’un trouve dans le sable un vieux maillot de bain et une paire de tongs, d’ailleurs dépareillées, et l’autre, un bout de plastique, provenant sans doute d’un sac poubelle. La première nuit se passe dans un blockhaus, où ils se gèlent, mais moins que dehors. Le lendemain matin, ils se voient offrir dans une maison les premiers objets indispensables, et la suite va confirmer ce beau début : tous les gens du Nord qu’ils rencontrent se révèlent généreux et accueillants, les laissent dormir sur place, parfois dans un garage ou une grange, les nourrissent et leur font cadeau des objets dont ils ne se servent pas, dont un vieux vélo et... une horloge Westminster ! L’apogée sera à la Grande Braderie de Lille, où ils parviennent enfin, grâce au troc, à dénicher un tandem, qui les conduira en Hollande. Au passage, ils ont trouvé une fille qui les accompagne pendant quatre jours, en tout bien tout honneur (apparemment).

L’épilogue est grandiose : ils sont enfin parvenus en Hollande, où une vieille infirmière, qui a tout quitté pour s’occuper de son mari devenu infirme, les comble de bienfaits, hébergement, nourriture, écoute et amitié. Alors, ils décident de lui donner tout ce qu’ils ont, y compris le tandem et... leurs vêtements. Et ils repartent à la découverte du pays, complètement nus !

Ces deux garçons vous redonnent confiance en l’humanité, et ce n’est pas si courant. Ne manquez pas le deuxième épisode, la semaine prochaine.

(Tout de même, on en a marre de la pudibonderie des chaînes de télé. Chaque fois que l’un des gars laissait voir ses fesses ou ce que vous pensez, il y avait toujours une feuille de vigne, rajoutée par la technique, et qui venait se surimpressionner sur l’écran. Ça rime à quoi, ces pudeurs de chaisière ?)

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Ce dernier commentaire émane d’un commentateur de Montpellier dont je soupçonne qu’il utilise lui-même une adresse bidon en forme de cache-sexe, et qui joue les esprits forts.

Pourquoi les deux acolytes porteraient-ils un cache-sexe, quand ils sont seuls ? Du reste, regardés avec attention, certains plans montrent bien qu’ils n’en portent pas !

J’ai noté, dans une autre page, qu’une émission préparée, voire scénarisée, n’est pas forcément bidonnée. La post-production d’une émission de divertissement, dont on dénonce « l’armada »
des participants, est normale à la télé, et pas forcément un indice de bidonnage.

Quant à « rencontrer » des témoins, comment ? Ils sont anonymes, dispersés dans tout le pays (voire à l’étranger, Guernesey, San Remo), à des endroits rarement identifiés.
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P
Cette feuille de vigne sert surtout à masquer le cache-sexe que portent en fait les deux aventuriers. Et pour se convaincre du côté très fabriqué de cette émission, il suffit de lire au générique
l'armada d'assistants de production qui viennent en amont du tournage, se renseigner ou rencontrer les bons clients sur lesquels vont tomber "par hasard" les deux voyageurs...
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Y
Ils pourraient aussi prendre conseil au Vatican. Des recherches ont été menées à la Chapelle Sixtine.
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E
"Les puritains devraient porter des feuilles de vigne sur les yeux"
Stanisław Jerzy Lec
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