Paris-sur-Yonne

Publié le par Yves-André Samère

Vous vous souvenez peut-être de l’énigme que je vous avais posée au sujet de la ville où se trouve la statue de la Liberté. J’avais démontré, sans aucune réfutation possible, que Miss Liberty exhibait sa torche, non pas à New York, dans l’État du même nom, mais à Bayonne, dans l’État du New Jersey : la géographie est formelle, la frontière entre les deux États passe à l’est de la statue...

Aujourd’hui, et comme vous connaissez ma tendance au non-conformisme, l’énigme sera plus facile : quel est le fleuve qui passe à Paris ? La Seine, ou l’Yonne ?

Poser la question, c’est y répondre, sinon je n’aurais pas pris la peine de commencer cette notule. Le fleuve qui traverse Paris, c’est l’Yonne, et non la Seine.

Explication.

Lorsque deux cours d’eau se rencontrent, on détermine l’affluent par le fait que son débit est inférieur à celui de l’autre cours d’eau. Logique, le plus important est celui qui charie le plus d’eau. Or les hydrographes sont catégoriques : au point de rencontre de la Seine et de l’Yonne, à Montereau-Fault-Yonne, à une douzaine de kilomètres à l’est de Fontainebleau, le débit de la première est de 80 mètres cubes par seconde, alors que celui de la seconde est de 93 mètres cubes par seconde.

Donc l’Yonne remporte la coupe, d’autant plus qu’à l’endroit où elles se rencontrent, le bassin-versant (l’aire délimitée par les lignes de partage des eaux) de l’Yonne est de 10 800 kilomètres carrés, alors que celui de la Seine n’est que de 10 300 kilomètres carrés.

Si bien que la toponymie, c’est-à-dire la science qui étudie les noms de lieux, devrait être revue en ce qui concerne l’Île-de-France et la Normandie ! Et comme Chirac, autrefois maire de Paris, avait promis de se baigner un jour dans la Seine, il faut vite le prévenir qu’il risque de se baigner dans un autre fleuve.

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