Parole de gourmet

Publié le par Yves-André Samère

Je déteste le foie gras. Non seulement son goût ne m’emballe pas, mais j’ai de la difficulté à trouver normal qu’outre le fait qu’on tue des animaux pour les manger – cela, à l’extrême rigueur, je le conçois –, on les torture aussi, à seule fin de leur flanquer une maladie qui fera gonfler leur foie au-delà du raisonnable, organe malade qu’ensuite on savourera au réveillon de Noël, avec des mines de gourmets. À quand un typhus délectable, une peste savoureuse, une lèpre comestible, une gangrène pour gastronomes ? C’est à ce point chic, d’imiter ces tarés de Japonais, qui exterminent les baleines pour fabriquer du rouge à lèvres, ou mutilent d’innocents requins pour faire de la soupe avec leurs ailerons ? Pur snobisme, car ce n’est même pas bon.

Donc, et bien qu’étant indifférent aux oies (qui ne sont pas en voie d’extinction : à la télévision, j’en vois de plus en plus), je déteste le foie gras. En revanche, j’aime assez le caviar, dont la consommation ne fait de mal à aucune bête – j’allais écrire « à personne ». Et comme je demandais à toutes mes connaissances quelle était la meilleure marque de caviar, quelqu’un me répondit un soir que c’était le Tétrochian. Du moins, c’est ce que j’ai entendu, mais comme il y avait du bruit dans la rue, que je me suis levé pour fermer la fenêtre, et qu’entre-temps mon interlocuteur était parti (mon salon est particulièrement spacieux), je ne suis pas très sûr du nom.

Après cela, bien sûr, j’ai un peu frimé, et j’ai raconté à tous mes copains que j’adorais le Tétrochian et que j’en faisais une consommation importante. Vous vous doutez bien qu’ils étaient jaloux. Si bien que, petite revanche mesquine, ils m’ont surnommé Tétrochian.

De sorte que, depuis, chaque fois que je tente de participer à une discussion en essayant d’y mettre mon grain de sel, on m’interrompt systématiquement au bout de quelques secondes, et quelqu’un me lance alors : « Ça va, ça va, arrête, Tétrochian ! »

Les gens sont mesquins, parfois.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
<br /> D’abord, je n’ai pas tenté de dégoûter les autres du foie gras. J’ai seulement écrit que je n’aimais pas ça.<br /> <br /> Ensuite, je sais bien que la soupe en question est chinoise et pas japonaise. Mais la CHASSE aux requins est bel et bien japonaise. Cela, je l’ai vu de mes yeux dans le film « Océans »,<br /> de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud, sorti (au Japon !) le 17 octobre 2009. On y voyait effectivement la capture des requins en pleine mer, puis l’amputation de leurs ailerons par<br /> les pêcheurs JAPONAIS, qui les rejettaient ensuite à la mer, où ils n’avaient plus qu’à aller agoniser (les requins, pas les pêcheurs) au fond de l’eau, faute de pouvoir nager, et dans les<br /> souffrances qu’on imagine. Charmant pays, charmants habitants...<br /> <br /> Quant à NKM, je n’ai rien à faire avec elle, et je vois mal ce qu’elle vient faire ici.<br /> <br /> <br />
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O
<br /> d' abord le foie gras ,si vous n'aimez pas ça,n'en dégoutez pas les autres ,tel un vulgaire vert allemand,ensuite la soupe aux ailerons de requin est tjrs chinoise et non japonaise, et enfin la<br /> femelle de l'esturgeon éventrée vivante dans une barcasse sur la mer caspienne, avant d'etre rejetée vidée à l'eau pourrait tt autant se plaindre du sieur Petrossian auprès de NKM (notre apotre du<br /> réchauffement climatique),telle une vulgaire grune ganse (tiré par les cheveux ) ...<br /> <br /> <br />
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Y
<br /> C’est vrai, on éventre les esturgeons femelles. Il faudrait peut-être les inciter à pratiquer le seppuku (« hara-kiri », en français), ce qui nous ramène aux Japonais, lesquels semblent<br /> adorer ça.<br /> <br /> <br />
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D
<br /> Mais non, cher Yves-André, vous n'être pas Tétrochian, vous êtes juste du caviar, voyons !<br /> <br /> <br />
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K
<br /> Dommage pour les oies et les canards ! Il paraît que les pauvres bêtes deviennent comme droguées à leur ingestion forcée de maïs.<br /> Pour le caviar, le moyen de l'extraire de la femelle esturgeon, est, me semble t'il, de l'éventrer. Pas sûr que le bête s'en remette. Les oies, les canards et les esturgeons meurent donc pour nous<br /> régaler.<br /> J'adore le foie gras, mais moins le caviar...<br /> Noyeux Joël<br /> <br /> <br />
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