Pas de couscous pour le 19 mars

Publié le par Yves-André Samère

Si vous n’avez pas vécu jusqu’ici sur la planète Mars, vous ne pouvez pas ignorer que, dans un mois exactement, ce sera le 19 mars. Or, il y aura cinquante ans ce jour-là, on appliquait en Algérie un cessez-le-feu un peu bidon, censé mettre fin à la guerre qui sévissait depuis le 1er novembre 1954. C’est même cette date que la Fédération nationale des Anciens Combattants d’Algérie, plutôt noyautée par les gaullistes et qui ne remet rien en cause de ce qu’avait décidé leur idole à képi, entend bien imposer comme une fête nationale, alors que le gouvernement (qui se dit héritier de De Gaulle, c’est dire si tout cela est sérieux) a choisi une autre date, tout à fait fantaisiste, en décembre, et refuse d’en discuter...

Pour ma part, je ne vous donnerai pas mon opinion sur cette date, le 19 mars, car j’entends rester poli, et je ne veux pas donner une occasion suppplémentaire à Didier Porte de me qualifier de « grosse bête qui a la dent dure », comme dans la dédicace de son album Ces grosses bêtes qui nous gouvernent (fait avec le dessinateur Jacques Morchoisne, oui-oui, celui de l’ex-Pilote) qui va sortir chez Dargaud le 24 février. Je me contenterai de rappeler que le feu n’avait nullement cessé pour les harkis, ces Algériens qui s’étaient engagés dans l’armée française parce qu’ils ne voulaient pas de l’indépendance de l’Algérie, et que De Gaulle a froidement abandonnés, interdisant à ses officiers de les rapatrier en France métropolitaine. Bilan : entre 40 000 et 150 000 d’entre eux atrocement massacrés...

Or il s’est trouvé à Samatan, dans le Gers, un hurluberlu nommé Alain Lopez, pour estimer qu’il y avait là matière à se réjouir, et organiser pour le 25 février (pourquoi cette date ?) une « soirée couscous » afin de fêter, c’est lui qui le disait dans un tract publicitaire, cet évènement heureux. Cet homme, qu’on dit « un peu grande gueule et très à gauche », a ainsi provoqué un tollé, et le maire de la commune, Pierre Chaze, qui est socialiste comme beaucoup d’habitants de ce département, a interdit la soirée et le couscous.

Ne désarmant pas, Lopez a voulu organiser son couscous à Lombez, la commune voisine, à deux kilomètres. Mêmes réactions, et le maire Jean Loubon, radical de gauche, n’a pu que constater les débordements et les vociférations.

Ces gens-là ne doivent pas aimer le couscous, je ne vois aucune autre explication.

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