Pas de « première dame » !

Publié le par Yves-André Samère

Chronique pleine de bon sens de Thomas Legrand, ce matin sur France Inter. Dissertant sur la mésaventure, euh... conjugale (?) de Valérie T., maîtresse encore officielle du président de la République, il rappelle ce qu’on ne dit jamais dans les journaux : que François Hollande a commis une boulette. Non pas d’avoir une ou plusieurs maîtresses, mais d’avoir installé au Palais présidentiel celle qui était en titre au moment de son élection, et le jour même de son installation. Pis, il l’emmène dans ses voyages officiels, elle a des bureaux à la Présidence, et du personnel à son service, que nous payons !

Et Legrand de rappeler aux distraits cette vérité : « Il n’y a pas de première dame de France », et nous avons voté pour une personne, pas pour deux. La compagne du président, ou son compagnon s’il préférait les hommes, n’a aucune place, aucune fonction dans la République. Cette affirmation n’est d’ailleurs pas originale, elle a été martelée par celle qui a failli occuper ce poste bidon, Anne Sinclair, invitée de Yann Barthès au Petit Journal. Allez la revoir ICI, quarante-quatre secondes de bon sens.

On ne gagne rien à vouloir singer ce qui se fait aux États-Unis, et les exemples abondent, qui prouvent que cette coutume d’officialiser la conjugalité du chef de l’État ou du gouvernement ne se pratique guère. Inutile de chercher très loin. En Allemagne, la Chancelière est mariée mais ne porte pas le nom de son mari, que l’on ne voit jamais dans les cérémonies officielles. En Belgique, le Premier ministre est homosexuel, mais nul ne connaît le nom de son compagnon, et on ne l’a jamais vu non plus. Au Maroc, le défunt roi Hassan II avait deux femmes légitimes, mais elles n’apparaissaient en aucun cas, et le peuple ignorait leur nom.

Et puis, chez nous, à Paris, le maire actuel n’a pas installé son compagnon – à supposer qu’il n’en ait qu’un – à l’Hôtel de Ville. La situation est (ou a été) exactement la même à Berlin.

Bref, Hollande a des ennuis, mais il les a cherchés en imitant son prédécesseur, et en n’imposant pas à sa compagne actuelle de rester à sa place. Une place que la Constitution ne lui assigne nulle part.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
C’est bien ce que je voulais dire. Il a cru faire acte de non-conformisme, n’étant pas marié, en installant sa maîtresse à l’Élysée, mais il a fait du conformisme au deuxième degré, et c’est encore
plus embarrassant. Parce que, cette fois, ce ne sera pas un divorce « propre », ce sera une rupture gênante pour les deux parties, puisque la femme qui partira aura été surprise et n’aura
pas choisi son sort. Quant à Hollande, il passera pour un salaud, ce qu’il n’est pas.
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D
Surtout qu'elle aurait pu continuer à travailler en qualité de journaliste (pas politique, par réserve déontologique) sans problème.
Là, Hollande a commis une faute en ne se démarquant pas de son prédécesseur. Il serait un peu moins dans la mouise aujorud'hui.
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