« Peroxydée »

Publié le par Yves-André Samère

Quand vous voulez déconsidérer quelqu’un que vous n’appréciez pas, sachez choisir votre vocabulaire. S’il s’agit d'une femme blonde et catholique, ne dites surtout pas qu’elle est catholique et blonde ! Il y a mieux.

Ce matin, sur France Inter, l’éditorialiste de la maison, Thomas Legrand, dont on sait qu’il est favorable au mariage gay (il l’a dit au Petit Journal), ce qui est son droit, voulait faire entendre qu’il n’aime pas Virginie Tellenne, laquelle se fait appeler Frigide Barjot et qu’on voit dans toutes les manifestations contre le mariage en question. Frigide est donc blonde et catholique, mais Legrand a préféré dire au micro qu’elle est « papiste et péroxydée ». L’honnête homme, pas du tout sournois...

Ces deux mots sont systématiquement utilisés dans un sens péjoratif, et donc, les employer sous-entend, sans risque pour vous, que vous tenez pour des moins que rien les individus auxquels vous les appliquez.

Cela me rappelle l’emploi que « Le Canard enchaîné » fait souvent du mot jeune. Il y a quelques années, dans une autre manifestation, un CRS de 23 ans avait tiré sur un garçon âgé lui aussi de 23 ans. Comment croyez-vous que « Le Canard » avait rapporté le fait ? Eh bien, c’est tout simple : « Un CRS tire sur un jeune ». Renseignement pris, le CRS était même un peu plus jeune que le jeune, mais on ne pouvait pas écrire dans « Le Canard » qu’un jeune CRS avait tiré sur un manifestant.

(Pendant des années, chaque fois qu’on parlait de Steevy Boulay, on ne manquait jamais de mentionner qu’il était péroxydé, lui aussi)

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