Perret contre Brassens

Publié le par Yves-André Samère

Les 23 et 24 mars, à Paris, un tribunal devait juger une affaire digne du poème satirique de Boileau Le lutrin. En effet, Pierre Perret a porté plainte pour diffamation et injures publiques et demandé 215 000 euros de dommages et intérêts pour la publication, en janvier 2009, d’un article, « Pierre Perret et le pot aux roses », de Sophie Delassein, journaliste au « Nouvel Observateur », où elle contestait que Perret ait jamais rencontré l’écrivain Paul Léautaud en 1953 et 1954. On voit que l’affaire est grave, et je me demande pourquoi les Nations-Unies n’ont pas décidé l’envoi d’un corps expéditionnaire.

L’original, c’est que tout a été déclenché par une association, Auprès de mon arbre, qui réunit des admirateurs de Georges Brassens, et dont Guy Béart serait le cerveau. À ma connaissance d’ailleurs, c’est bien la première fois que Guy Béart passe pour un cerveau, et il l’a confirmé en déclarant au président du tribunal (qu’il a tutoyé !) : « Est-ce que Pierre Perret ne souffre pas du fait qu’il n’est pas reconnu comme un grand de la chanson comme Brassens, Gréco, Brel, Ferrat, Ferré ou... Béart ? ». Tu as raison, Guy, saint Paul a écrit que si autrui ne vous rendait pas justice, on avait le droit de le faire soi-même. Mais alors, c’est valable aussi pour Perret.

Bref, l’association brassensophile prétend défendre la mémoire de tonton Georges, auquel Pierrot aurait manqué de respect en déclarant un jour dans « Sud-Ouest » que son succès, à lui Perret, avait « fait chier » Brassens. Et le cinéaste Pascal Thomas rajoute que l’amitié de Perret avec Léautaud relève probablement d’une « mythomanie pas dangereuse en soi ».

À cela s’ajoute le comportement désinvolte de la journaliste, qui a écrit son article sans apporter la moindre preuve de ce qu’elle affirme : que Perret a tout inventé. Heureusement, l’intermède comique a été assuré par le polémiste Delfeil de Ton, qui ne se souvenait plus, à la barre, avoir écrit autrefois que Léautaud « aurait vu Line Renaud à Bobino ». Si les casques bleus n’interviennent pas rapidement, le sang va couler.

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