Piraterie : Internet innocenté !

Publié le par Yves-André Samère

Nous a-t-on assez bassinés avec le téléchargement illégal ! Non seulement le peer-to-peer (eMule et ses, euh... émules), mais aussi les sites qui stockaient ces fichiers que nous collectionnons avec tant d’ardeur – au point que nous n’avons pas le temps de les regarder ou de les écouter ensuite –, comme MégaUpload, sont en butte aux persécutions légales. Bien sûr, cela n’empêche pas les petits malins de se débrouiller autrement, et de se constituer une vidéothèque auprès de laquelle la Cinémathèque française fait figure de parent pauvre. Mais enfin...

Or on vient d’apprendre une nouvelle tordante : la RIAA (Recording Industry Association of America), qui agit en tant que défenseur acharné de l’industrie musicale états-unienne, a commandé une étude dont elle espérait que les résultats conforteraient sa thèse, selon laquelle les affreux pirates menaçeraient les intérêts des auteurs. C’est vrai, ça, si des tas de gens piratent, ce n’est pas du tout parce que les disques et les films sont trop chers, c’est parce que ces délinquants veulent la mort du Monde Libre et autres lieux capitalistico-paradisiaques où l’on aime tant le Marché.

Surprise-surprise ! Aux États-Unis, cette étude a montré que la majorité des amateurs ne se procurent pas du contenu musical illégal uniquement via Internet. Ce moyen de faire ses emplettes représente en réalité une part infime des fichiers acquis hors commerce, car les amateurs de musique et de vidéo utilisent davantage des supports physiques : CDs (à 27 %), disques durs (à 19 %), cloud (si vous ne savez pas ce que c’est, demandez à votre petit frère de sept ans, il vous expliquera), peer to peer (à 15 %), et ainsi de suite. Bref, deux tiers des fichiers musicaux acquis le sont illégalement et de cette façon. Les téléchargements en ligne via les sites comme le défunt MegaUpload ne représentaient que... 4 %.

Dès lors, la répression sombre dans le ridicule, et laisse supposer que la pression exercée par les ayants-droits et supposés artistes ne vise qu’à obtenir une plus grosse part du gâteau d’Internet !

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