Polanski bientôt (et enfin) jugé ?

Publié le par Yves-André Samère

On peut, on doit se réjouir que la justice des États-Unis ait refusé que Polanski soit jugé par contumace, ce qui lui aurait permis, en cas de condamnation (plus que probable) d’échapper une fois de plus au châtiment. J’ai lu hier, sur un forum, qu’il « avait assez payé » sous le prétexte que, quelques jours avant sa fuite des États-Unis, il avait fait quarante-deux jours de prison. Quarante-deux, sur les quatre-vingt-dix qu’il aurait dû faire à titre de « sursis probatoire », une période au cours de laquelle il devait subir des examens psychiatriques en vue de décider s’il était dangereux et susceptible de récidiver. Libéré par anticipation mais sommé par le juge de retourner en prison pour finir sa période, Polanski s’était enfui. Voilà pour le fait d’avoir « assez payé » !

Rappelons aux distraits ou à ceux qui débarqueraient de la planète Mars que Polanski est susceptible d’être extradé par les Suisses, parce qu’en 1977, il a violé une mineure de 13 ans, Samantha Geimer. Mais il est cinéaste à succès, n’est-ce pas, donc il a tous les droits, PUISQUE les artistes sont au-dessus de la loi qui régit le sort des médiocres comme vous et moi. L’année dernière, on a même entendu l’actrice Whoopi Goldberg déclarer « I know it wasn’t rape-rape » (en français, « Je sais que ça n’était pas un viol-viol ») – sous-entendu, la petite salope l’avait bien cherché. Et, en effet, Samantha Geimer avait suivi Polanski, alors âgé de 44 ans, dans la villa de Jack Nicholson pour y faire des photos destinées au magazine « Vogue », avec l’espoir de décrocher un rôle dans un film – classique.

Mais Polanski avait mis dans son champagne du quaalude (ou méthaqualone, sédatif, dépresseur du système nerveux central, dont les effets sont similaires à ceux des barbituriques). L’esprit embrouillé, elle lui avait alors demandé à plusieurs reprises de la ramener chez elle, mais il avait fait le sourd, commencé à abuser d’elle, non sans lui avoir demandé plusieurs fois si elle prenait la pilule. Et comme elle ne répondait pas, il l’avait sodomisée. Saluons la délicatesse du grrrrrand réalisateur. Samantha avait dit à la cour que si elle n’avait pas résisté plus fermement, c’est parce qu’elle « avait peur de lui »...

Le monde artistique, surtout en France (Polanski est français), semble considérer que c’est une vieille histoire, et que Polanski a assez souffert, comme dit sur le forum que je visais plus haut. Notons tout de même que le délinquant, au contraire du pape, n’a jamais présenté ses excuses à la victime, il a seulement acheté le retrait de sa plainte contre 500 000 dollars. Artiste ET milliardaire, il mérite en effet l’indulgence universelle. Non ?

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

DOMINIQUE 26/04/2010 19:11


Bien sûr ! Je n'ai pas manqué d'imaginer la détresse de cette jeune fille, évidemment ce fait suffit en lui-même, mais on parle de "droit" etats-unien.


Yves-André Samère 26/04/2010 15:23


« L’histoire d’être parjure, ce qu'a fait Polanski en s’enfuyant, est dix fois plus importante que celle d’avoir violé une mineure ».

Du point de vue des citoyens de là-bas uniquement ! Car j’ai tendance à estimer que violer une fille est plus grave que violer la règlementation des cours de justice ou les canons de la
moralité du citoyen de base.


DOMINIQUE 25/04/2010 14:57


Souvent, les états-uniens exagèrent avec les histoires de sexe. Là, ils ont raison, et il ne faut pas oublier autre chose. L'histoire d'être parjure, ce qu'a fait Polanski en s'enfuyant, est dix
fois plus importante que celle d'avoir violé une mineure.
On a reproché à Clinton, non seulement la gâterie et le cigare, mais surtout le fait d'avoir affirmé sous serment qu'il ne s'était rien passé entre lui et la stagiaire.