Politiques ou écrivains ?

Publié le par Yves-André Samère

Beaucoup d’hommes politiques écrivent des... Pardon, je reprends.

Beaucoup d’hommes politiques signent des livres. Surtout lorsqu’ils sont en campagne électorale et aspirent à faire connaître leur moi profond et l’étendue de leur grande âme. Naturellement, cela ne trompe personne, et le public ne se bouscule pas pour les acheter (les livres, pas les hommes politiques, car eux sont déjà vendus). Si bien que les bouquins finissent au pilon. Bien la peine de couper des arbres pour fabriquer le papier...

Il y a évidemment quelques exceptions. François Bayrou, par exemple, est très cultivé (il est agrégé de lettres classiques), et il a écrit lui-même les quatorze livres qu’il a publiés depuis 1990. En revanche, l’idée que Sarkozy ait pu rédiger lui-même la biographie de Georges Mandel qu’il a signée secouerait de rire tout le monde éditorial et littéraire.

Je profite de cette occasion pour faire remarquer qu’à mon avis, François Mitterrand, au contraire de la réputation que faisaient courir ses complaisants thuriféraires, n’était pas un écrivain : il n’a rédigé que des commentaires politiques, mais aucun ouvrage qui relève de la littérature.

Et puis, il y a ce cas assez marrant des hommes politiques qui écrivent des romans policiers, pour se détendre ou donner un coup de patte à leur gentils camarades – de leur parti ou d’un autre. J’en connais au moins deux. Il y a eu naguère Edgar Faure, qui signa une fois « Edgar Sanday », car son prénom s’écrivait sans le D final habituel, et deux fois « Ed Faure ». J’ai lu ces trois livres, Pour rencontrer M. Marshes, publié en 1942, L’installation du président Fitz Mole (même année), et Mr Langois n’est pas toujours égal à lui-même, publié en 1950. On les oublie sitôt que lus. Outre Edgar Faure, il y a encore Jean-Louis Debré, grand ami de Chirac, frère jumeau du professeur de médecine Bernard Debré, ancien magistrat, ancien ministre de l’Intérieur, actuellement président du Conseil constitutionnel. On lui a fait une réputation de bêtise parfaitement injustifiée, car l’homme possède, en fait, beaucoup d’esprit et d’autodérision (il a d’ailleurs paru en personne aux Guignols de Canal Plus pour se railler lui-même). Outre ses livres portant sur la politique, lui aussi a écrit trois romans policiers, dont je n’ai pas lu le premier, mais je le recevrai dans quelques jours pour compléter les deux autres, que j’ai lus. Dans celui-là, Le curieux, qui date de 1986, publié aux Éditions N° 1 et qui n’existe qu’en occasion, il s’amusait à baptiser « Josiane Baladur » un personnage de prostituée ! Malveillance envers « l’ami de trente ans » de Chirac ? Allons donc ! La preuve, il n’avait mis qu’un L à Baladur. On ne pouvait donc pas confondre...

Et je précise qu’à mon avis (de lecteur), il est beaucoup plus difficile d’écrire un roman policier qu’un livre ne parlant que de politique.

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