Potemkine était-il britannique ?

Publié le par Yves-André Samère

On sait que Potemkine, qui était un ministre de Catherine de Russie, mais aussi son favori (son amant, pour parler clair), avait utilisé un procédé ingénieux pour épargner aux yeux de son impériale maîtresse la vision certes déprimante des endroits où vivait son peuple : lorsqu’elle visita la Crimée en 1787, il avait fait auparavant bâtir de faux villages pimpants, simples décors en trompe-l’œil. À vrai dire, on a peut-être exagéré un peu, et Potemkine a pu, en fait, cuirasser son ambition de propagandiste et se contenter de faire retaper les façades. Toujours est-il que cette louable initiative ne pouvait tomber dans l’oubli, et c’est David Cameron, Premier ministre britannique, qui a remis à l’honneur le procédé. Mais cette fois, il n’y a aucun doute, le trucage est avéré, puisque BFM-TV et le Petit Journal de Canal Plus ont diffusé hier un reportage sur cette remise à neuf, non seulement des façades, mais du trucage politique.

En effet, le G8 se tenait hier dans un village d’Irlande du Nord, à Enniskillen, dans le comté de Fermanagh. Or, afin d’éviter que la vue des participants, chefs d’États et de gouvernements, soit souillée par l’aspect médiocre d’un patelin où la plupart des commerces ont fermé et où les fermes sont abandonnées, les autorités locales ont repeint les façades. Mais, comme cela ne suffisait pas, on a collé sur les vitrines (vides) des magasins désertés, des photographies géantes en couleurs, parfois provenant de lieux très éloignés (par exemple une pharmacie... mais de New York, un restaurant de Sacramento, en Californie, ou un café de Calgary, au Canada !). Tout cela, vu de loin et depuis une voiture roulant à vive allure, pouvait faire croire que les lieux étaient, non seulement occupés, mais prospères ; seulement, cela ne pouvait leurrer des journalistes circulant à pied. On devrait obliger ces salauds de fouineurs à rester dans leurs bagnoles.

C'est, semble-t-il, le Sinn Féin qui a vendu la mèche, via un reportage hélas disparu, et qui avait été fait le vendredi 14 juin à Belcoo. Coût des travaux : 355 000 euros.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :