PPD couvert de gloire (une fois de plus)

Publié le par Yves-André Samère

PPD, alias Patrick-qui-se-dit-d’Arvor et breton (il est né à Reims, belle ville bretonne), n’est pas seulement chevalier de la Légion d’honneur (avril 2003) et commandeur dans l’ordre des Arts et des Lettres (mars 2007) tout en étant un repris de justice notoire (condamnation à 15 mois de prison avec sursis et 200 000 francs d’amende pour recel d’abus de biens sociaux, janvier 1996 ; condamnation en mai 2009 à 500 euros d’amende avec sursis ainsi qu’à un euro de dommages et intérêts, après une plainte pour diffamation déposée par Nonce Paolini, PDG de TF1, accusé par PPD d’espionnage par une police privée). PPD n’est pas seulement cela, il se pique également d’écrire. Son premier roman, publié à trente-cinq ans mais qu’il affirme avoir écrit à dix-sept, lui avait valu pas mal de sarcasmes, dont ceux de Pierre Desproges au Tribunal des Flagrants Délires. Depuis, seul ou avec son frère Olivier, il a publié une soixantaine d’ouvrages, qu’il prétend avoir rédigés la nuit, car les grands artistes sont insomniaques, on le sait.

Le dernier, daté de cette année, est une biographie d’Ernest Hemingway, plus de quatre cents pages dont il a été prouvé qu’une centaine ont été « extraites » d’un livre de Peter Griffin, Along with youth : Hemingway, the early years, paru en 1985 aux États-Unis, et d’ailleurs publié en France quatre ans après. Comme on se doute depuis longtemps que Poivre n’écrit pas vraiment lui-même les livres qu’il signe (il est loin d’être le seul), tout le monde aujourd’hui se paie sa tête, et celle de son éditeur, Arthaud, puisque le porte-parole de cette maison d’édition a cru pouvoir expliquer ce plagiat manifeste par une fiction beaucoup plus drôle : tout cela viendrait... d’une erreur !

En clair, ce que l’éditeur a envoyé aux journalistes chargés de rendre compte du livre dans la presse, ce n’est pas le bon livre. À la place, on leur a envoyé une « édition de travail », un brouillon, en quelque sorte, et les choses se seraient passées ainsi : pour préparer son livre, PPD fait collecter par ses collaborateurs tout ce qui a été écrit sur Hemingway par d’autres auteurs, puis rassemble toutes ces références dans un gros recueil, et rédige ensuite son livre en partant de ce document, dont il ne retient que les faits (« Je n’allais pas lui réinventer une vie», se justifie-t-il en parlant d’Hemingway). Et c’est ce dernier document que la presse a reçu. Ben voyons : un éditeur qui a pignon sur rue, on le sait, a l’habitude de faire imprimer des brouillons, de les faire relier, dédicacer par l’auteur (!), empaqueter et envoyer à tous les journaux, sans que quiconque dans la maison jette un coup d’œil sur ce qui a été imprimé et envoyé, pas même l’auteur qui a signé toutes ces dédicaces... Nul ne sait lire, chez les éditeurs, ni les écrivains, ni les employés.

Ennui supplémentaire, Jérôme Dupuis, le journaliste de « L’Express » qui a soulevé ce lièvre, a lu à la télévision des passages entiers des deux bouquins, prouvant irréfutablement que PPD ne s’est pas contenté d’utiliser les faits racontés par Griffin, mais a bel et bien recopié des passages entiers de l’ouvrage originel, qui d’ailleurs n’est seulement pas cité dans sa bibliographie de soixante-trois auteurs.

Mais on ne se fait pas d’illusions : cette tricherie même sera un facteur de succès, et les gogos vont se précipiter pour acheter le petit dernier de PPD. Ne serait-ce que pour vérifier tout ça !

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D

Quelle honte ! Vous aurais-je lu en diagonale ?

J'aime bien la réaction des journalistes, très, comment dire, nuancée. Mais c'est une biographie, voyons, on ne peut pas plagier une biographie. Ce n'est pas un roman.
Pathétique.


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Y

C’était une façon de parler, comme lorsqu’on parle des discours d’un homme politique, qui ont tous des nègres officiels. D’ailleurs, je mentionnais bien « on se doute depuis longtemps que
Poivre n’écrit pas vraiment lui-même les livres qu’il signe ».


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D

Vous êtes bien bon de penser que PPD a lui-même recopié des passages entiers.
Il s'est contenté de donner l'autorisation (pas gratuitement) d'utiliser son nom. Il y a des grouillots pour ça, écrire des livres.


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