Précieuses ridicules d’aujourd’hui

Publié le par Yves-André Samère

Hourra, le « Quoi de neuf ? Molière ! » est toujours d’actualité, puisque les précieuses ridicules existent encore ! De mon point de vue, on est une précieuse ridicule quand on va chercher midi à quatorze heures, et que, par exemple, on attribue une prononciation absurde à un mot étranger qui se prononce EXACTEMENT comme il s’écrit en français. Comme patio, par exemple, mot espagnol où le T est un T et rien d’autre, ce qui n’empêche pas les niais de prononcer passio.

Déjà, on avait connu, quand il vivait encore, un attentat phonétique contre le grand réalisateur italien Dino Risi, constamment désigné sous le nom fantaisiste de « Ridzi », alors qu’en italien, la lettre S entre deux voyelles se prononce « z », toujours comme en français. Il y avait eu aussi, autrefois, le nom de ce fameux torero, Luis-Miguel Dominguin, régulièrement rebaptisé chez nous « Louisse-Migouelle Domine-Gouine », ce qui faisait bien marrer nos voisins espagnols.

Il y a presque trois ans, l’émission de France Inter Le masque et la plume, où les précieuses ridicules ne manquent pas (écoutez-les, TOUS, prononcer « Chpilbergue » !), avait fait bénéficier de ses trouvailles le réalisateur russe Pavel Lounguine : tous les critiques (sauf Danièle Heymann), sans oublier le présentateur Jérôme Garcin, l’ont appelé « Loune-Gouine ». C’était aimable pour lui, merci !

En russe, Lounguine s’écrit Лунгин. Six caractères cyrilliques, dont le premier, Л, est notre L ; le deuxième, у, se prononce « ou » ; le troisième, н, est notre N ; le quatrième, г, se prononce comme un G dur (pensez à gugusses, c’est en situation) ; le cinquième, и, est l’équivalent de I ; et le dernier, н, est encore notre N. Pas de gouine dans tout cela...

Dommage, Pierre Murat, critique de cinéma à « Télérama », et le seul qui parle le russe, était absent ce soir-là.

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