Prêtre et chef d’État !

Publié le par Yves-André Samère

À ma connaissance, il n’existe au monde que deux États qui ont à leur tête un prêtre catholique. Le Vatican, évidemment, sur lequel règne le pape. Mais aussi la principauté d’Andorre, à cette nuance près que l’évêque espagnol d’Urgel n’est que co-président (on dit « co-prince »), son partenaire étant…  le président de la République française. Sarkozy en prince, qui ne voit comme ce titre lui convient ?

Mais il y a eu d’autres exemples. Au Congo ex-français (on disait « le Congo-Brazza », parce que sa capitale était et se trouve toujours être Brazzaville, par opposition au « Congo-Léo », ex-belge, dont la capitale s’appelait Léopoldville, aujourd’hui Kinshasa), le premier président de ce pays parvenu à l’indépendance fut l’abbé Fulbert Youlou. Né en 1917, il devient le chef de cet État en 1959, après avoir été maire de la capitale, puis Premier ministre. Mais il fut très vite suffisamment impopulaire pour que sa démission soit réclamée par tous, ce qu’il finit par admettre. L’ex-président fut d’abord mis en prison, mais son successeur s’aida à s’enfuir au Congo-Léo, et, face au refus de De Gaulle (et surtout de tante Yvonne, cette infernale bigote, car ce prêtre catholique avait quatre femmes) de l’accueillir en France, il échoua en Espagne, chez Franco, où il mourut en 1972.

L’île d’Haïti a connu des évènements similaires, puisque c’est le prêtre Jean-Bertrand Aristide qui y fut élu président, avec deux tiers des voix, en 1990. Il faut dire que les pauvres Haïtiens avaient subi les dictatures successives des deux Duvallier père et fils, et aspiraient au changement. Or, moins d’un an après, il est renversé par un coup d’État et remplacé par un militaire, mais les États-Unis, qui se méfient des régimes militaires, surtout à deux encablures de leurs propres côtes, le soutiennent, et, après quelques péripéties, Aristide rentre au pays en 1994 et dissout l’armée l’année suivante. Il redevient président, mais la Constitution lui interdit d’exercer deux mandats successifs, et il doit attendre l’an 2000, alors que le peuple se désintéresse des élections. Et, en 2004, il doit s’enfuir, alors que son mandat n’est pas terminé.

Ces triomphes ne devraient pas nous inciter à élire un curé à la Présidence. Dommage, chez nous, quelques Jésuites se seraient bien dévoués…

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